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Dernier memo en date :
30 janvier 2016
Chers amis lecteurs, en attendant que je reprenne un par un les billets de ce blog dont certains lecteurs m'ont signalé qu'il était illisible car parfois écrit jaune sur blanc (*), je suis encore dans les temps pour vous souhaiter une très belle année 2016... Lire la suite ici http://bellessauvagesetplus.blogspot.fr/2016/01/blog-en-cours-de-restauration-non-non.html

mercredi 20 mars 2019

feuilles, tiges, racines, tout est comestible dans le colza, plante sauvage excellente en lacto fermentation


Vous avez tous remarqué que le printemps a pris un peu d'avance cette année. Les iris sont déjà en fleurs dans mon jardin ! Et inutile de vous dire que, dans la campagne environnante, je ne sais plus où tourner la tête pour les récoltes sauvages de la saison : colza, ravenelle, moutarde, fenouil, maceron, cresson, toutes plantes sauvages bonnes à manger, elles sont ensemble en pleine végétation depuis plus d'un mois !
La semaine dernière, j'ai jeté mon dévolu sur le colza (Brassica napus L.), cette brassicacée (anciennement crucifère) que j'aime beaucoup en cuisine car elle me rappelle en goût tous les légumes verts très employés par ma mère dans mon enfance, ceux de la famille des choux, qu'on ne retrouve plus guère dans leur grande diversité que sur les étals asiatiques, italiens, espagnols ou portugais pour ne citer que les plus courus des amateurs de légumes forts en saveur, cette saveur qu'on recherche désespérément quand on veut se remémorer en salivant un plat mangé dans l'enfance, avant que les chercheurs (et trouveurs !) de l'agro-alimentaire eurent la curieuse idée d'enlever l'amertume à l'endive, l'acidité à l'oseille, le piquant au radis, etc.
 

Les feuilles de colza sont souvent d'un beau vert argenté, certaines tiges sont parfois rougeâtres comme sur la photo de gauche ci-dessous. Quand elles sont tendres, on peut les casser à la main. Au moment de la cueillette, couper au niveau où la lame du couteau ne résiste pas pour avoir une plante encore bonne à manger, pas trop coriace ou amère.
 
     

tiges de colza sautées à la poêle et coquilles st-jacques
sur lit de riz safrané

Le colza, qui colonise les talus ou les chemins un peu partout à l'état sauvage après, sans doute, s'être échappé des cultures industrielles, est une bonne plante comestible pour ceux qui aiment les "brassica", c'est-à-dire les choux. Attention, je parle ici de la plante vagabonde, pas de celle que vous trouverez en culture industrielle: il faut savoir en effet que le colza est très gourmand en... "shampooings spéciaux" comme le dit gentiment mon voisin agriculteur, se plaçant ainsi juste derrière la pomme de terre au niveau du nombre de traitements dans l'année. Totalement délaissé dans les jardins qu'il a tendance à envahir rapidement, seule, en effet, l'industrie agro-alimentaire continue de l'exploiter intensivement pour l'huile qu'on extrait de ses graines ou pour le fourrage destiné aux animaux d'élevage, entre autres emplois.
Cependant, il s'est naturalisé sauvagement un peu partout, égayant les talus ou les chemins champêtres au moment de sa floraison d'un beau jaune. C'est dans ces chemins, loin de la circulation et des lieux de pollution potentiels par les pesticides ou autres agents indésirables, qu'on peut le cueillir sans trop de risques sanitaires pour en savourer ou tester le goût. Il faut savoir qu'à l'état sauvage beaucoup de plantes ont une amertume à laquelle nous ne sommes pas habitués avec nos légumes cultivés et que plus la plante est avancée en végétation, plus elle devient amère, ce qui ne me gêne pas mais peut surprendre les palais novices en matière de cuisine sauvage. J'en utilise toutes les parties en cuisine, à la façon d'un légume vert, c'est succulent ; souvent, on ne connaît le colza que sous forme... d'huile, c'est dommage de passer à côté du goût de la pante elle-même, très intéressant en bouche, un savant mélange rappelant la saveur du chou vert, du chou-rave, du navet. D'ailleurs, le colza est un hybride de ceux-là, si mes souvenirs sont bons.
Une fois la récolte faite, il faut s'en occuper rapidement car c'est une plante qui flétrit vite dès qu'on la coupe de sa racine : pour la conserver un jour, je la lave et l'enveloppe dans un torchon humide en laissant le tout dans un endroit frais de ma maison.
 
  
 
       
La tige du colza est pleine. A cuisiner quand elle est encore tendre sous le couteau. Si elle résiste à la lame, inutile, elle sera coriace sous la dent.
  
C'est une bonne plante comestible dans toutes ses parties dont aucune n'est toxique. Pour ma part, j'en utilise surtout :
- les feuilles, qui peuvent être servies à la façon des épinards ou autres légumes-feuilles verts, en soupe, en gratin, sautées à la poêle avec un peu de beurre et une pointe d'ail, ou encore en lacto fermentation, une méthode de conservation redevenue très en vogue dans la cuisine française depuis une quinzaine d'années, alors que j'ai toujours connu cet assortiment de légumes marinés dans mon enfance (loin derrière moi, maintenant !), pas un repas sans un petit bol de "variantes" ou autres choux fermentés à table (recette en fin de billet);
- les tiges, qui sont à  éplucher à la façon des asperges. Coupées en tronçons, elles sont délicieuses rapidement sautées à la poêle avec un peu de beurre (ou de l'huile d'olive) et de l'ail haché, comme pour les feuilles, avec un goût plus fin, un parfait accord terre-mer pour des coquilles Saint-Jacques, le tout sur un lit de riz safrané (comme sur la photo en début de billet); en risotto ou en riz crémeux, c'est bon aussi.
les fleurs en grappes serrées, qui, quand elles sont jeunes, peuvent être utilisées à la fa façon des brocolis ou en beurre manié.
 
Ci-dessus : deux bocaux de feuilles et fleurs en lacto fermentation
et un ravier de tiges de colza épluchées et tronçonnées, prêtes à l'emploi
 
Une suggestion de purée de pommes de terre et feuilles de colza : mélangées à des pommes de terre, les feuilles et fleurs donne un goût vraiment agréable à une purée rustique écrasée à la fourchette : couper quelques pommes de terre, les cuire dans de l'eau une dizaine de minutes avant d'y ajouter les boutons et fleurs de colza, poursuivre la cuisson une dizaine de minutes encore, supprimer éventuellement l'excès d'eau pour avoir la consistance de purée souhaitée au final, mixer grossièrement le tout ensemble ; ajouter une noix de beurre, un peu de sel et de poivre, et c'est prêt à servir d'accompagnement comme une purée classique.
Quant aux tiges à la façon des asperges, c'est très simple : éplucher les tiges (comme pour la rubharbe, il suffit de soulever un bout à la base et de tirer, ça se pèle tout seul !),  les cuire à peine 5mn à l'eau légèrement salée; servir avec une vinaigrette ou une mayonnaise, selon ce que recommande votre ligne !
 
C'est une plante que j'aime vraiment en cuisine, j'adore ce mélange des saveurs de nos anciens choux. Oui, c'est cela même : la rusticité du chou vert, la délicatesse du chou-rave, la subtilité du navet nouveau, tout pour me plaire !
Voici ma recette de lacto fermentation,
Pour les renseignements sur le phénomène scientifique de cette méthode de conservation ancestrale, je vous invite à consulter le net. Ici, je vous livre simplement  la recette que j'ai vu ma mère pratiquer durant toute mon enfance, sa seule règle étant une hygiène parfaite en cuisine, qu'il s'agisse de la propreté des bocaux ou du lavage des légumes (*). Il suffit d'avoir sous la main :
- un bocal en verre propre avec fermeture à vis ou autre,
- de l'eau bouillie ou de l'eau minérale avec un faible taux de sulfates et de nitrites,
- du sel marin sans aucun additif, à raison de 1 grosse cuiller à soupe pour 1 litre d'eau,
- et bien sûr une grande quantité de feuilles de colza lavées et bien égouttées
c'est tout, en ce qui me concerne !!!
Le principe ? laisser fermenter naturellement le légume dans la saumure dans un bocal fermé étanche à l'air, ce qui prend environ un mois, le temps que les bonnes bactéries, après une bagarre scientifique sans pitié à huis clos, ait pris le dessus sur les mauvaises. Pendant ce temps, ne pas s'étonner de voir votre saumure changer d'aspect : le jus un peu laiteux les premiers jours deviendra limpide quand le combat dans le bocal aura cessé ! Quant à la couleur des feuilles, elle virera du vert franc au vert plutôt jaunâtre ! Ci-dessous, la différence de couleur d'une lacto fermentation de un jour (les pots du bas) avec une qui marine depuis une quinzaine de jours (pot du haut). A noter que le changement de couleur est tout à fait normal. Attention, cependant, si vous avez mal lavé votre bocal et vos légumes, il y a risque de pourrissement, de moisissure, et le produit sera inconsommable.
Cette préparation est très bonne, telle quelle,  en accompagnement d'un rôti de porc, ou d'un porc au caramel, cela ressemble un peu à la choucroute crue. On peut aussi la cuire en soupe, en ragoût, à la façon des brèdes (légumes verts).
 
 
  • préparer la saumure en veillant à ce que le sel soit bien dilué avant l'utilisation,
  • tasser les légumes préalablement lavés et bien égouttés, parfois légèrement flétris quelques heures à température ambiante, en laissant un peu d'espace en haut du pot pour compléter avec la saumure (elle doit recouvrir toutes les feuilles), fermer le bocal et... attendre que ça se passe, c'est-à-dire environ un petit mois.
Ma mère conservait les bocaux ainsi préparés plus d'une année sans problème. Quelquefois, elle utilisait simplement une grande jarre en grès avec un couvercle. Elle posait une assiette retournée sur le dessus des feuilles de façon qu'elles soient totalement immergées et refermait la jarre, à l'abri de toute poussière ou autres contaminants. Après la fermentation, environ un mois, on se servait au fur et à mesure des besoins, en veillant à toujours respecter la propreté pour ne pas introduire d'éléments indésirables dans la jarre.
En ce qui me concerne, je n'en fait jamais assez pour vous dire combien de temps je conserve mes bocaux, j'en ai pour six mois tout au plus. Je les stocke à température ambiante tant que le bocal est fermé. Une fois ouvert, vaut mieux le conserver au frais si vous le consommez en plusieurs fois et si vous n'avez pas une pièce assez fraîche dans votre maison pour stocker les conserves maison.
 
   
Après avoir bien tassé les feuilles dans le pot, je mets sur le dessus quelques feuilles larges pour aider la marinade à rester immergée dans la saumure. 
Certains rajoutent du sucre, du vinaigre (mais ce n'est plus de la lacto fermentation...), des épices, comme dans le kimchi coréen, par exemple. Vous faites comme vous voulez, les recettes pullulent sur le net, aucune ne me rappelant celle de ma mômôn, ou alors ma mémoire défaille. Mais comme je procède, le goût est celui que je recherche. Il y a pléthore de littérature sur la lacto fermentation sur le net, très bavarde pour ceux que le phénomène scientifique intéresse. Ici, je ne parle que de "bouffer" sauvage !
(*) j'ai vu sur Youtube un truc horrible, genre le mec qui va dans son jardin cueillir ses légumes, certes cultivés "bio", mais qui revient sur sa table extérieure pas très nette où l'attendent des bocaux (propres ?), un mec qui, sans autres formalités, coupe ses légumes dont on peut voir presque la terre sur les feuilles, qui les enfourne telles quelles dans les pots avec du sel ou une eau saumurée, je ne sais plus... Bref ! Paraît que la lacto fermentation tue toutes les mauvaises bactéries, mais beurk !!!
Chez moi, aucun légume, quel qu'il soit, bio ou pas, du jardin ou pas, de la nature sauvage ou non, n'est préparé sans un lavage préalable : pour les légumes sauvages, je rince une première fois à l'eau légèrement vinaigrée (surtout pour faire tomber les insectes, limaces ou autres hôtes indésirables), puis une seconde à l'eau clair, avant de les égoutter sur un torchon propre ou du papier absorbant.
Remarque : pour mes conserves en lacto-fermentation (eau et sel) ou en pickles (eau, sel et vinaigre), je ne stérilise pas systématiquement mes bocaux en verre, mais je veille à ce qu'ils soient toujours d'une propreté impeccable au moment de leur rangement dans un contenant fermé (un cageot en plastique avec couvercle) à l'abri de toute contamination. Et j'utilise toujours des couvercles neufs.
Je n'ai pas de problème de moisissures ou autres, mais je tiens à rappeler qu'il est important, quand on fait des conserves maison, pour éviter tout risque sanitaire, d'avoir un plan de travail et des ustensiles de cuisine toujours impeccables au moment des préparations. Ce qui me semble une évidence n'est peut-être pas si couramment partagé quand je vois certaines vidéos sur internet qui ne donne pas envie d'être invité à la table de leurs auteurs... Mais, bon, il ne faut pas non plus, comme avait dit l'autre à la télé (un scientifique dont j'ai oublié le nom), faire une fixation sur l'ultra-hygiène qui, au lieu de protéger, fragiliserait plutôt notre organisme, ce qui n'est pas faux, sans doute... 
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dimanche 6 mai 2018

une petite roussette à l'estragon, ça dit à quelqu'un ?

Moi, j'aurais bien dit oui, mais voilà, comment tordre le cou à une bestiole pareille, quand elle vous regarde dans les yeux ! Et quels yeux ! Je l'ai dit, je suis un peu hypocrite sur les bords quand il s'agit d'estourbir les animaux avant de les manger. Je me souviens que, lorsqu'on faisait du bateau avec des amis, je faisais déjà la grimace quand ma copine assommait sans état d'âme un beau maquereau tout frais pêché qui se tortillait encore vigoureusement au bout d'un hameçon de la planchette japonaise. Alors, vous pensez bien, attraper cette belle roussette de plus de 70cm qui s'était laissé enfermer dans une flaque d'eau trop petite pour lui permettre de nager, puis..., euh, d'ailleurs comment on "tue" un poisson, on lui tranche la tête, on l'éventre, on l'assomme ??? Ouf, à moins d'assister à son agonie à l'air libre, sûrement trop longue pour mon âme sensible, je ne suis outillée ni pour l'une, ni pour les autres de ces solutions, car j'étais partie seulement à la pêche à la palourde et aux photos ! Du coup, j'ai attrapée la bestiole derrière la tête, me suis écorchée à sa peau très abrasive (appelée aussi galuchat ou peau de chagrin). Elle a failli m'échapper de la main dans un sursaut de défense. Ça a de la force ces petits requins, bigre ! Je l'ai remise à l'eau dans un étier assez profond, elle allait pouvoir repartir très vite, la mer commençait à monter sérieusement.
  
Une fois remise de ses "émotions", elle est allée se réfugier dans la végétation marine. C'est beau, un poisson qui nage !
Description : la petite roussette (Scyliorhinus canicula), est un Chondrichthyens, c'est-à-dire un poisson à squelette cartilagineux selon son éthymologie grecque). Elle est de la famille des Yliornidés et Rajidés. Avec une peau tachetée de roux, ses jolies nageoires dorsales et ses yeux très allongés, elle est plutôt jolie et facile à reconnaître. C'est un petit requin qui vit dans les fonds sableux ou graveleux, à des profondeurs allant jusqu'à plusieurs centaines de mètres. Aux grandes marées, il n'est pas rare d'en voir emprisonnées dans des flaques où, si elles n'ont pas l'espace ou la profondeur nécessaires pour nager un peu, elles meurent. Il m'est arrivé d'en trouver ainsi, flottant et agonisant les branchies à l'air. Mais même tout fraîchement mort (photos ci-dessous), je ne sais pas comment dépecer un tel poisson car sa peau, très rêche, non comestible, est difficile à retirer à ce qu'on dit. Les poissonniers appellent cette opération l'écorchage ! La roussette n'est vendue que dépouillée de ce "galuchat" ou "peau de chagrin", sous l'appellation plus flatteuse de "saumonette". Sa chair fine mais assez ferme est un peu douçâtre à mon goût, elle demande une bonne sauce. L'avantage de ce poisson est son absence d'arêtes car il ne possède qu'une épine dorsale en cartilage.

 
Mon utilisation culinaire c'est un poisson que je ne déteste pas. Je le choisis d'un bon diamètre, le coupe en tronçons et le cuis à la vapeur une dizaine de minutes. Puis, selon mon envie du jour, je l'agrémente tout simplement avec du beurre fondu parsemé de ciboulette et de persil hachés, ou encore de toute autre sauce, même relevée, tout lui convient, ma préférée restant une sauce à l'estragon.
Ingrédients
une branche d'estragon, feuilles détachées, en gardant la tige
un oignon haché très fin
un peu de farine
du beurre, un peu d'huile
du bouillon de légume (avec oignon, céleri, tiges de persil, laurier, tige d'estragon)
Cuisson
faire fondre le beurre avec un peu d'huile neutre, ajouter la farine, bien homogénéiser avant de mouiller avec du bouillon par petites quantités jusqu'à obtenir une sauce crémeuse, ajouter l'estragon haché.
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lundi 30 avril 2018

interlude, ou le goéland et la seiche

Lors de ma dernière pêche à la palourde, j'ai vu au loin un goéland qui semblait se débattre avec une belle prise. Peut-être un poisson, une petite roussette, comme il m'arrive d'en voir emprisonnée dans les flaques. A l'œil nu,  je n'arrivais pas à identifier sa pêche, mais j'ai pris au zoom des photos de toute la scène, et ce n'est que plus tard, quand je me fus approchée du lieu quitté par la bête repue, que je trouvai... un os de seiche flottant sur l'eau.
 
 

 
 Deux de ses congénères étaient très intéressés par la scène aussi ! 
 
A l'approche des autres goélands, le pêcheur a hérissé ses plumes et grondé, je n'avais jamais vu ça !
Puis il a continué tranquillement son festin...
 
... avant de s'intéresser enfin aux autres goélands...
... qui, eux, en avaient pris leur parti !
 

 
 
Moi aussi, j'aurais bien aimé qu'il me pêchât une seiche, ce beau goéland ! Pour ceux qui ont du mal à distinguer ce bel oiseau de la mouette, tous deux de la famille des Laridés, j'avoue qu'ils ont beaucoup de points communs, dont un plumage assez semblable, à dominante blanche. Seuls leurs tailles et la couleur de leurs becs permettent une identification facile.
La mouette commune de nos côtes, dite la mouette rieuse à cause de son cri qui rappelle le son d'un ricanement, a les pattes et le bec rouges.
Quant au goéland, dont l'envergure est deux fois plus grande, il possède un bec jaune avec une tache rouge sur la partie inférieure, comme on le voit bien, notamment, sur ma dernière photo. Il en existe deux sortes sur  nos côtes, le goéland argenté, à pattes roses, et le goéland leucophée, à pattes jaunes.
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mercredi 11 avril 2018

la ravenelle, une plante sauvage et comestible, à toutes les sauces

C'est la saison où elle est bonne à manger, ses feuilles sont encore tendres et les racines aussi si on aime. Pour ma part, n'étant pas trop "légumes racines", je préfère donc ses feuilles et ses jeunes tiges. En ce moment où les légumes cultivés nouveaux sont encore assez rares sur les étals, je m'en régale et je ris sous cape car on en trouve beaucoup dans la nature, de cette plante que d'aucuns considèrent comme une adventice indésirable qui rend dingues les jardiniers, alors qu'elle a l'heur d'être comestible et... bonne à manger si on aime les choux, radis ou autres espèces du même genre ! C'est vrai que, vu son envergure, elle envahit vite un parterre et qu'il n'est pas facile de l'arracher, il faut y aller à la bêche ! Heureusement qu'elle n'est pas encore arrivée sur mon terrain.

fleurs et siliques portant les graines de la ravenelle
Description : la ravenelle (Raphanus raphanistrum), aussi appelée radis sauvage, entre autres noms vernaculaires, est une plante de la famille des Brassicacées. Annuelle ou bisannuelle, parfois même pérennante sans pourtant pouvoir être classée dans les vivaces, sa plantule apparaît dès la fin de l'hiver et sa rosette croît très vite. La plante adulte présente une tige florale à section ronde, pleine, dressée et ramifiée qui peut atteindre une bonne hauteur (plus de 60cm), elle a un aspect "piquant" à cause des poils rudes qui la hérissent. Les feuilles sont portées par un pétiole parfois très long, elles sont composées de lobes dentelés bien nets dont le terminal est très large et se finit en pointe la plupart du temps. Elles aussi revêtent une pilosité sur les deux faces qui les rendent désagréables au toucher. Les fleurs (à quatre pétales, comme dans toute sa famille) sont jaunes ou blanches veinées de violet. Les siliques portant les graines peuvent être très longues.
Toute les parties de la plantes sont comestibles, mais il est préférable de la consommer quand elle est jeune car elle devient vite amère et coriace.
Les quelques photos ci-dessous vous aideront, je l'espère, à la reconnaître dans la nature.
 
Ravenelle au bord de la mer. Certaines plantes atteignent plus de 60cm
de haut, avec une belle envergure d'autant ! 
 
 
Au début de sa végétation, on pourrait presque confondre la ravenelle avec la moutarde. Mais l'aspect général de la ravenelle est beaucoup plus imposante, moins fragile que la moutarde,  la texture de ses feuilles est différente, elles sont plus denses et rugueuses que celles de la moutarde dont la tige n'atteint jamais la section de la ravenelle et reste plus grêle même à l'âge adulte.
  

 
Utilisation culinaire : elle est multiple. On peut lui lui prêter les mêmes préparations qu'à n'importe quel chou, notamment le chou kale dont je raffole aussi, ce bien avant qu'il ne revienne à la mode ! A noter la texture sous la dent des feuilles de ravenelle, toujours un peu rugueuse, comme les feuilles de citrouilles que, dans les Antilles, les gens utilisent en cuisine sous le nom de "brède chouchou" (v. plus de détails en fin de billet). 
Les feuilles, sur les deux faces, sont recouvertes de poils assez rudes.
Ne pas se laisser arrêter par le toucher rugueux, voire piquant, de la ravenelle au moment de la cueillette. Une fois cuite, cette rugosité est fortement atténuée, elle peut même disparaître si on la cuit normalement et pas al dente comme je l'aime. Son goût convient à ceux qui aiment les légumes ayant de la mâche, du caractère, qui se plaignent que nos endives, nos asperges, sont devenues trop douces et sucrées, quand on recherchait surtout leur amertume en bouche !
Préparation et cuisine : bien rincer la plante à l'eau légèrement vinaigrée puis à l'eau claire. Ensuite, détacher les lobes verts et, éventuellement, éplucher quelques tiges assez jeunes pour être consommées (celles qui ne sont pas dures et encore translucides une fois coupées).
Ce que j'en fais (compter une petite quinzaine de minutes pour la cuisson des feuilles, un peu plus pour les tiges si on les utilise seules) :
  • Je les rajoute dans une soupe à la place du chou classique 15mn avant la fin de la cuisson finale.
  • Je les blanchis et les rajoute dans un risotto ou des pâtes,
  • Je les fais sauter à la poêle avec de l'huile d'olive et de l'ail, à la façon asiatique +- 15mn.
  • Je les blanchis 15 mn à l'eau bouillante puis j'y ajoute de la sauce blanche, ou de la crème, ou du beurre, le tout parsemé d'ail haché une minute avant la fin de la cuisson.
  • Je les mélange, blanchies, à des pommes de terre sautées,
  • Avec les tiges seules, on peut faire un gratin ou les utiliser à la manière des salsifis : à la crème ou sautées au beurre avec un peu d'ail.
C'est un accompagnement intéressant avec du poisson blanc, une viande d'agneau. Et, comme je l'ai dit plus haut, j'aime bien aussi m'en servir comme "brèdes" (légumes verts de toutes sortes, ainsi appelés à Madagascar où on trouve la célèbre "brède mafane" (cresson de Para - Acmella oleracea), à la saveur piquante même après cuisson, que les amateurs connaissent bien), c'est-à-dire l'ajouter dans un ragoût de viande 15 mn avant la fin de la cuisson, comme dans un roumazzava.
Je vous donne la recette de ce plat traditionnel malgache. Si vous n'avez pas de brède mafane sous la main, vous pouvez le remplacer par la ravenelle ou tout autre légume feuille vert. Bien sûr, vous n'aurez pas pas non plus le zébu sous la main, viande qui sert de base au plat dans son pays d'origine, mais on peut aussi le faire avec du bœuf, ou autre viande.
 
ragoût de porc à la ravenelle façon roumazzava
de l'échine de porc coupée en petits morceaux, 1 oignon jaune haché gros, 1 gousse d'ail haché, feuilles de laurier, deux tomates coupées en morceau, une petite racine de gingembre aplatie, sel, un peu de bouillon ou d'eau
  • chauffer de l'huile dans une sauteuse, ajouter l'oignon et l'ail qu'on fait légèrement revenir sans colorer,
  • ajouter les morceaux de porc et laisser légèrement colorer le tout à feu vif,
  • ajouter le gingembre, les tomates, saler,
  • laisser cuire à feu doux-moyen pendant +-20 minutes,
  • ajouter les feuilles de ravenelle et continuer la cuisson 15mn.
  • servir le ragoût avec du riz nature.

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