observation préliminaire

Ce blog est ma création et, à ce titre, il est protégé, textes et images, par le "copyright', ou droit d'auteur (code de la propriété intellectuelle). Sauf pour un usage privé, toute reproduction sans mon autorisation est interdite.
POUR ME CONTACTER, colibri.blogs@orange.fr
Il est TRES IMPORTANT de lire la présentation complète de ce blog avant de consulter les messages (cliquer sur l'onglet correspondant). En effet, la cueillette des sauvages ne s'improvise pas (...) En aucun cas, les renseignements fournis dans ce blog ou les expériences culinaires personnelles relatées ici ne sauraient constituer une incitation à consommer des plantes sauvages (...), ni m'engager de quelque façon que ce soit vis-à-vis des lecteurs (...)

Affichage des articles dont le libellé est ravenelle. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ravenelle. Afficher tous les articles

lundi 6 mai 2019

encore un peu de ravenelle tige dans l'assiette

... avant de passer à autre chose, enfin, si cette plante sauvage comestible ne repousse pas tout le temps, belle et désirable, sous mon nez grâce au microclimat de ma région !
Désirable, il faut le dire vite ! Je comprends bien qu'elle soit considérée comme une indésirable par les agriculteurs : non seulement la plante est volumineuse en croissance, mais encore elle se ressème tellement bien qu'elle a vite fait d'envahir un terrain si l'on n'y prend garde. Pour sa description et plus de précisions en cuisine sur cette plante, je vous renvoie à mon précédent billet descriptif (cliquez ici).
Or, je l'aime bien en cuisine. Et la paresseuse que je suis adore ce genre de cueillette : le panier est vite rempli, pas comme avec la salicorne ou la claytone de Cuba, je n'ai même pas le courage d'y aller en ce moment où les deux sont magnifiques !
Sur la ravenelle, je prélève volontiers les feuilles, les tiges, car j'ai une attirance gustative pour toutes les "brassica". Je n'ai pas encore essayé la racine, je n'ai pas un goût prononcé pour les légumes racines.
En utilisation culinaire, les tiges (*) des jeunes ravenelles sont délicieuses une fois épluchées. Il suffit ensuite de les accommoder comme vous en avez envie :
- crues à la croque au sel,
- sautées à la poêle avec du beurre,
- cuites et assaisonnées de vinaigrette,
- ajoutées à d'autres légumes en sauce crémeuse,
- braisées avec d'autres légumes (elle se marie bien avec la carotte),
- etc.
Les idées ne manquent pas en cuisine pour cette tige quand elle est bien charnue et tendre, c'est-à-dire avant la montée en fleurs et graines. En ce moment j'en trouve à ne plus savoir comment l'apprêter.
Ci-dessous, je complète mon billet descriptif de la ravenelle par quelques nouvelles photos, en espérant que cette fois-ci, les anonymes qui ont commenté ou qui m'ont écrit :
 
soit reconnaîtront plus facilement la plante :
 
En isolé, ce pied de ravenelle faisait presque un mètre de haut.
 
Vu le volume d'une seule plante, on peut imaginer qu'une dizaine de sujets peuvent envahir rapidement un terrain délaissé. et se multiplier ainsi d'une année sur l'autre à une vitesse vertigineuse.


    
Vertes ou rouges, il faut récolter les tiges avant que la plante ne fleurisse ;

soit arriveront mieux à reproduire mes recettes :
(je ne suis vraiment pas douée pour les écrire, j'avoue que c'est le plus fastidieux pour moi sur ce blog, car si j'adore cuisiner, je le fais à l'instinct dès lors que je suis capable de détecter les ingrédients d'un plat rien qu'en le dégustant, ainsi que de comprendre son mode de cuisson. Aussi, je déteste non seulement lire les recettes où on vous explique tout de A à Z du genre "laver les légumes, éplucher l'oignon, hacher la viande" quand on veut faire des boulettes, entre autres évidences. Mais je comprends que si, pour ma part, certaines choses vont de soi en cuisine, il n'en est pas de même pour nombre de cuisiniers débutants et qu'il faut surtout penser à eux quand on prétend proposer des recettes, même si ce n'est pas la vocation première de ce blog qui se veut plutôt une aide à la reconnaissance des plantes par les photos, avec quelques suggestions sur la manière de les cuisiner, je n'ai rien inventé en cuisine...
J'admets cependant que je doive être un peu plus rigoureuse dans ma rédaction des préparations culinaires. Je dédicace donc la recette qui suis à l'Unkown qui m'a signalé que dans mon précédent billet elle ou il cherchait la... ravenelle dans la recette !!! Ben, je l'avais oubliée dans les ingrédients, hi, hi, même si je l'avais notée dans l'élaboration du plat...
tige de ravenelle braisée avec des carottes
INGREDIENTS : donc, il vous faut des tiges de ravenelle épluchées et coupées en tronçons de 3cm, des carottes épluchées et coupées comme vous voulez, 2 échalottes ciselées, de l'huile (**), un peu d'eau ou de bouillon de légumes, sel, poivre (je crois que je n'ai rien oublié !) pour cette recette de base. Après, on peut la varier à l'infini avec les aromates ou épices qu'on aime.
(*) Au moment de la cueillette des tiges de ravenelle, choisir de jeunes plants où elles sont dodues et encore tendres (le couteau ne doit pas résister à la coupe) ; pour les éplucher, supprimer toutes les ramifications le long de la tige de la base jusqu'en haut, détacher un bout de peau à la base et tirer, ça part tout seul !
(**) Si je rajoute du beurre en fin de cuisson, j'utilise de l'huile neutre, sinon je cuisine les légumes à l'huile d'olive. Et si j'utilise de l'échalote, je ne mets pas d'ail.
Ces légumes braisés peuvent être dégustés seuls pour un plat végétarien, ou en accompagnement d'une viande ou volaille rôtie.
CUISSON 
  • chauffer l'huile, y jeter les échalotes ciselées, puis les carottes, laisser légèrement roussir
  • ajouter un peu d'eau à feu vif, puis baisser le feu à moyen et cuire 5 mn,
  • augmenter le feu à vif, ajouter les tiges de ravenelle, continuer la cuisson 5 mn à feu moyen si vous aimez les légumes al dente, un peu plus si vous les préférez plus cuits (le mieux est de goûter après 5 mn de cuisson des tiges pour tester, étant précisé qu'une longue cuisson ne nuit pas aux carottes mais rendent les tiges trop molles à mon goût),
  • saler, poivrer, ajouter éventuelle un peu de beurre, bien mélanger le tout et servir chaud.
Voilà, j'espère que cette fois-ci, ma recette sera plus facile à comprendre vu que l'élément essentiel de la recette figure bien dans les ingrédients (c'est un clin d'œil à mon lecteur du 18 avril !).
Merci, en tout cas, aux fidèles lecteurs qui passent régulièrement en toute simplicité, ça réchauffe un peu mon moral en ce moment où je m'aperçois que, dès que je tourne le dos un peu longtemps, on vient piller mes divers blogs, textes et photos, à des fins peu louables, certains n'hésitant même pas à gommer ma "marque" et à signer par-dessus !!! Si, c'est la vérité vraie, d'ailleurs, je prépare une lettre ouverte à une association, que je publierai dans ce blog qui est concerné pour une part, ainsi que plusieurs protestations à des sites divers pour une autre part, sur mes autres blogs. Je suis une bonne pâte, pas du tout procédurière (les cordonniers les plus mal chaussés, vous connaissez !), mais faut pas abuser, aaarghhh !!!
***** 


mercredi 27 mars 2019

ail triquètre, ravenelle, palourdes, ormeaux, praires, des recettes terre-mer pour tous les jours en ce moment !


Côté mer, j'ai profité de la dernière grande marée intéressante de l'année, la semaine dernière. La pêche fut vraiment bonne. J'ai retrouvé le plaisir de pêcher à nouveau la palourde au trou dans les flaques, elles sont aussi grosses et nombreuses que l'année dernière; j'ai involontairement pratiqué la "pissette" pour trouver la praire, sans outil, dès lors qu'il suffisait que j'effleure le sol de mon pied pour voir jaillir ce jet d'eau si amusant; quelques couteaux ont été pêchés sans sel ni baleine, par hasard, profitant d'un moment d'inattention de ces bestioles étranges qui sortaient leur tête au soleil; quant aux ormeaux, il semble qu'ils soient revenus en nombre aussi grâce à une politique de limitation en quantité et en taille très surveillée dans mon département, et c'est tant mieux. C'est un plaisir de saison.
Ci-dessus : de belles praires au milieu de grosses palourdes
Ci-dessous : des ormeaux de belle taille: attention, c'est une pratique de pêche très réglementée et surveillée : outre les conditions de plongée, à l'heure actuelle, la quantité est de 20 par jour et par personne, et la taille de 9 cm au minimum)

 
Je garde parfois les ormeaux vivants jusqu'à deux jours au réfrigérateur, en les plaçant côté chair sur l'assiette. Une fois décoquillés et nettoyés, il m'arrive de les garder encore un jour au frais, leur chair s'attendrit alors naturellement un peu. Si on les consomme le jour même de la pêche, il faut les battre avant utilisation ! Pour les décoquiller, je glisse une cuillère à soupe entre la coquille et la chair et procède par petits à-coups jusqu'à ce que celle-ci se détache, c'est la meilleure façon pour ne rien perdre de la chair. Il convient ensuite d'éliminer les parties molles et noires (viscères) qui entourent le pied. Je n'enlève pas le bourrelet verdâtre frisottant qui entoure la bête. Puis, il s'agit de la battre en la plaçant dans un torchon propre pour lui assener quelques petits coups sur le pied avec un marteau spécial. Je tape au centre en faisant attention de ne pas en faire de la charpie non plus pour que l'ormeau reste présentable dans l'assiette. La meilleure façon de le goûter, selon moi, c'est simplement de le poêler quelques minutes (6 maximum, 3 sur chaque face) dans du beurre dont on le nourrit tout au long de la cuisson, ajouter un peu de sel et de poivre, sortir les ormeaux, ajouter un peu de persil haché dans le beurre de cuisson, servir aussitôt en nappant la bête avec un peu de ce beurre persillé, c'est tout ! Je prépare parfois une sauce, mais à part, dont chacun se sert ensuite suivant son envie. Cette fois-ci, j'ai profité du jus de cuisson des palourdes pour en faire une sauce blanche très savoureuse qui se marie bien avec l'ormeau (v. recette ci-dessous).
Côté terre, sur le chemin du retour, j'ai profité d'une belle aire de ravenelles encore jeunes, avec de bonnes tiges très tendres, pour en cueillir un peu. Quant à l'ail triquètre, je n'ai besoin que d'aller dans mes jardins où, en deux ans, il forme des parterre impressionnants. Avant de les passer à la tondeuse, j'en récolte encore pas mal, en bouton pour agrémenter mes pickles ou en bulbes, les très gros, pour les manger comme des poireaux nouveaux, c'est vraiment délicieux.
L'ail triquètre (Allium triquetrum) est une très bonne plante sauvage comestible, dont le goût rappelle vraiment celui de l'ail cultivé, j'en ai déjà parlé ICI en détail. En réalité, c'est au printemps, quand je dois m'en débarrasser pour faire place nette dans mes jardins, que j'en consomme à volonté. Il a en effet envahi, comme tout invasif se le doit, mon terrain depuis deux ans. J'aime bien ses fleurs qui offrent un spectacle charmant, quand il fleurit au milieu des primevères ou autres fleurs de saison. Facile à éliminer momentanément (l'année d'après, j'en ai autant sinon plus, je ne sais par quel miracle !), je le tonds avec l'herbe ou l'arrache à tour de bras dans les endroits où je ne désire pas qu'il s'installe.
Diverses préparations culinaires peuvent être prêtées à l'ail triquètre avec réussite : comme herbe aromatique, bien sûr, puisque son odeur est vraiment "aillé, en lieu et place de la ciboulette, par exemple; le manger comme... des poireaux nouveaux, en vinaigrette, ou braisé dans un jus de viande, ou encore blanchi moins de cinq minutes et arrosé d'un beurre persillé... Au  préalable, il suffit de le parer à la façon des poireaux, c'est-à-dire le laver soigneusement pour ôter toute trace de terre ou de limaçons entre ses feuilles ! J'adore les gros bulbes avec la tige florale naissante au milieu.

Je profite également de ses fleurs en bouton pour agrémenter mes pickles :
cueillir une bonne poignée de boutons d'ail triquètre, les rincer, bien essorer sur du papier absorbant et couper à ras au niveau du bouton. Ajouter dans les pickles. Ici, j'ai préparé des choux-fleurs en fleurettes et des carottes, ma marotte du moment pour employer les derniers choux-fleurs de mon producteur.

Pickles de chou-fleur et carotte aux boutons d'ail triquètre : laver les légumes, détailler le chou-fleur en fleurette et couper les carottes en rondelles (décorées ou non !), préparer une saumure à proportion de 1 verre de vinaigre blanc et une cuillerée à soupe de sel naturel pour 1 litre d'eau. Remplir un bocal propre avec les légumes et ajouter la saumure. Fermer le bocal et attendre une bonne semaine avant de consommer. Je garde facilement mes pots plus de six mois. Mais tout dépend des conditions d'hygiène observées lors de la préparation.
Quant à la ravenelle (sa description dans mon blog figure ICI, en détail), elle est délicieusement tendre en ce moment, ce qui me permet de profiter de ses tiges que j'épluche pour les cuire ensuite à la vapeur ou les braiser dans du jus de viande. La cuisson est rapide, même pas cinq minutes pour garder toute leur saveur "noisette" comme la tige de beaucoup de brassicacées.
 
Lumaconi et tiges de ravenelle au jus de palourde
  • éplucher quelques tiges de ravenelle et les détailler en petits tronçons,
  • faire un bouillon avec de l'eau, un oignon, quelques feuilles de laurier, une gousse d'ail,
  • faire ouvrir les palourdes dans ce bouillon, les sortir et les réserver, filtrer l'eau de cuisson pour éliminer tout le sable qui reste au fond de la casserole, réserver cette eau,
  • cuire les lumaconi dans le bouillon filtré,
  • 5 mn avant la fin du temps de cuisson préconisé pour les pâtes, ajouter les tiges de ravenelle et poursuivre la cuisson,
  • égoutter le tout puis ajouter une grosse noix de beurre, rectifier l'assaisonnement, mais attention, le jus de palourde est déjà naturellement salé.
Comme j'avais beaucoup de palourdes, j'avais aussi beaucoup d'eau de cuisson. Cela m'a permis de faire une sauce pour les ormeaux le lendemain.

sauce blanche au jus de palourde
  • réserver de l'eau de cuisson des palourdes,
  • faire fondre du beurre dans une casserole, ajouter un peu de farine,
  • mouiller avec le jus de palourde et bien mélanger pour obtenir la consistance de la sauce souhaitée
  • rectifier au besoin l'assaisonnement, en ayant à l'esprit que l'eau de cuisson des palourdes sauvages est souvent très salée ! 
La pêche au trou reste pour moi un vrai plaisir : c'est (presque) écolo, amusant et excitant : il suffit de repérer les trous caractéristiques laissés par la palourde au moment de son enfouissement dans le sol, de planter son couteau à côté, de soulever doucement et on est sûr d'avoir une belle bête surgir toute propre si on la pêche dans les flaques.
Mes délicieuses sauvageonnes : de gauche à droite : fleurs d'ail triquètre, bulbes d'ail triquètre, ravenelle (à noter qu'elle n'a pas toujours des tiges rouges).
*****

mercredi 11 avril 2018

la ravenelle, une plante sauvage et comestible, à toutes les sauces

C'est la saison où elle est bonne à manger, ses feuilles sont encore tendres et les racines aussi si on aime. Pour ma part, n'étant pas trop "légumes racines", je préfère donc ses feuilles et ses jeunes tiges. En ce moment où les légumes cultivés nouveaux sont encore assez rares sur les étals, je m'en régale et je ris sous cape car on en trouve beaucoup dans la nature, de cette plante que d'aucuns considèrent comme une adventice indésirable qui rend dingues les jardiniers, alors qu'elle a l'heur d'être comestible et... bonne à manger si on aime les choux, radis ou autres espèces du même genre ! C'est vrai que, vu son envergure, elle envahit vite un parterre et qu'il n'est pas facile de l'arracher, il faut y aller à la bêche ! Heureusement qu'elle n'est pas encore arrivée sur mon terrain.

fleurs et siliques portant les graines de la ravenelle
Description : la ravenelle (Raphanus raphanistrum), aussi appelée radis sauvage, entre autres noms vernaculaires, est une plante de la famille des Brassicacées. Annuelle ou bisannuelle, parfois même pérennante sans pourtant pouvoir être classée dans les vivaces, sa plantule apparaît dès la fin de l'hiver et sa rosette croît très vite. La plante adulte présente une tige florale à section ronde, pleine, dressée et ramifiée qui peut atteindre une bonne hauteur (plus de 60cm), elle a un aspect "piquant" à cause des poils rudes qui la hérissent. Les feuilles sont portées par un pétiole parfois très long, elles sont composées de lobes dentelés bien nets dont le terminal est très large et se finit en pointe la plupart du temps. Elles aussi revêtent une pilosité sur les deux faces qui les rendent désagréables au toucher. Les fleurs (à quatre pétales, comme dans toute sa famille) sont jaunes ou blanches veinées de violet. Les siliques portant les graines peuvent être très longues.
Toute les parties de la plantes sont comestibles, mais il est préférable de la consommer quand elle est jeune car elle devient vite amère et coriace.
Les quelques photos ci-dessous vous aideront, je l'espère, à la reconnaître dans la nature.
 
Ravenelle au bord de la mer. Certaines plantes atteignent plus de 60cm
de haut, avec une belle envergure d'autant ! 
 
 
Au début de sa végétation, on pourrait presque confondre la ravenelle avec la moutarde. Mais l'aspect général de la ravenelle est beaucoup plus imposante, moins fragile que la moutarde,  la texture de ses feuilles est différente, elles sont plus denses et rugueuses que celles de la moutarde dont la tige n'atteint jamais la section de la ravenelle et reste plus grêle même à l'âge adulte.
  

 
Utilisation culinaire : elle est multiple. On peut lui lui prêter les mêmes préparations qu'à n'importe quel chou, notamment le chou kale dont je raffole aussi, ce bien avant qu'il ne revienne à la mode ! A noter la texture sous la dent des feuilles de ravenelle, toujours un peu rugueuse, comme les feuilles de citrouilles que, dans les Antilles, les gens utilisent en cuisine sous le nom de "brède chouchou" (v. plus de détails en fin de billet). 
Les feuilles, sur les deux faces, sont recouvertes de poils assez rudes.
Ne pas se laisser arrêter par le toucher rugueux, voire piquant, de la ravenelle au moment de la cueillette. Une fois cuite, cette rugosité est fortement atténuée, elle peut même disparaître si on la cuit normalement et pas al dente comme je l'aime. Son goût convient à ceux qui aiment les légumes ayant de la mâche, du caractère, qui se plaignent que nos endives, nos asperges, sont devenues trop douces et sucrées, quand on recherchait surtout leur amertume en bouche !
Préparation et cuisine : bien rincer la plante à l'eau légèrement vinaigrée puis à l'eau claire. Ensuite, détacher les lobes verts et, éventuellement, éplucher quelques tiges assez jeunes pour être consommées (celles qui ne sont pas dures et encore translucides une fois coupées).
Ce que j'en fais (compter une petite quinzaine de minutes pour la cuisson des feuilles, un peu plus pour les tiges si on les utilise seules) :
  • Je les rajoute dans une soupe à la place du chou classique 15mn avant la fin de la cuisson finale.
  • Je les blanchis et les rajoute dans un risotto ou des pâtes,
  • Je les fais sauter à la poêle avec de l'huile d'olive et de l'ail, à la façon asiatique +- 15mn.
  • Je les blanchis 15 mn à l'eau bouillante puis j'y ajoute de la sauce blanche, ou de la crème, ou du beurre, le tout parsemé d'ail haché une minute avant la fin de la cuisson.
  • Je les mélange, blanchies, à des pommes de terre sautées,
  • Avec les tiges seules, on peut faire un gratin ou les utiliser à la manière des salsifis : à la crème ou sautées au beurre avec un peu d'ail.
C'est un accompagnement intéressant avec du poisson blanc, une viande d'agneau. Et, comme je l'ai dit plus haut, j'aime bien aussi m'en servir comme "brèdes" (légumes verts de toutes sortes, ainsi appelés à Madagascar où on trouve la célèbre "brède mafane" (cresson de Para - Acmella oleracea), à la saveur piquante même après cuisson, que les amateurs connaissent bien), c'est-à-dire l'ajouter dans un ragoût de viande 15 mn avant la fin de la cuisson, comme dans un roumazzava.
Je vous donne la recette de ce plat traditionnel malgache. Si vous n'avez pas de brède mafane sous la main, vous pouvez le remplacer par la ravenelle ou tout autre légume feuille vert. Bien sûr, vous n'aurez pas pas non plus le zébu sous la main, viande qui sert de base au plat dans son pays d'origine, mais on peut aussi le faire avec du bœuf, ou autre viande.
 
ragoût de porc à la ravenelle façon roumazzava
de l'échine de porc coupée en petits morceaux, 1 oignon jaune haché gros, 1 gousse d'ail haché, feuilles de laurier, deux tomates coupées en morceau, une petite racine de gingembre aplatie, sel, un peu de bouillon ou d'eau
  • chauffer de l'huile dans une sauteuse, ajouter l'oignon et l'ail qu'on fait légèrement revenir sans colorer,
  • ajouter les morceaux de porc et laisser légèrement colorer le tout à feu vif,
  • ajouter le gingembre, les tomates, saler,
  • laisser cuire à feu doux-moyen pendant +-20 minutes,
  • ajouter les feuilles de ravenelle et continuer la cuisson 15mn.
  • servir le ragoût avec du riz nature.

mercredi 5 juin 2013

vent et pluie, qu'à cela ne tienne, on se console avec un repas presque 100% breton gratuit , huîtres sauvages frites !

Il ne fait pas beau ? Qu'à cela ne tienne, on va quand même se faire plaisir, bien que, à la moindre tentative de sortie, le vent froid n'arrêtait pas d'enlever mon bonnet, la pluie de me (dé)laver le visage, seules mes tâches de rousseur (beurk !) trouvant, à mon corps défendant, leur compte entre deux rayons de soleil ! Mes amis venus de la lointaine Westphalie étaient désespérés : arrivés avec la mère de Jürgen dont ce sera la première visite en France, ils ont essuyé pendant trois semaines ce temps exécrable qui, dans l'Europe entière, fait couler beaucoup d'encre et surtout clavioter avec hystérie sur les blogs !
Je n'ai pas fait grand chose en deux semaines non plus. Sans travail, à part une vague de dossiers arrivés en urgence au début du séjour, que j'ai torchés en trois coups de cuiller à pot, j'ai pas mal glandé, entre deux visites amicales chez les uns et les autres, me concentrant sur l'invisible tout en regardant les nuages bouger quand il y en avait, le reste du temps le ciel étant uniformément et désespérément gris ! J'ai tenté quelques petites sorties "pêche à pied", histoire de renifler l'air du large, sans frénésie. Mais les rochers à huîtres sont tellement tentants ! Quand je pense qu'il y a maintenant un ostréiculteur qui met au goût du jour les huîtres grasses, en les laissant en infrastructure adéquat pour qu'elles restent balayées régulièrement par les marées, et qu'on dégustera sans qu'elles ne passent par les claires en affinage, je souris. Moi, ces huîtres-là, ce sont mes préférées depuis belle lurette, je l'ai déjà dit à plusieurs reprises dans ce blog, je me contente de les cueillir sur mes rochers environnants qui leur servent de support naturel tout en les brassant au gré des marées qui les nourrit en plancton régulièrement et inlassablement, dans cette zone de Bretagne où l'ostréiculture se développe de plus en plus. Ma préférence pour ces huîtres grasses et charnues est d'autant plus grande que, souvent, je les utilise cuites, donc il faut une certaine consistance à la cuisson et sous la dent : en soupe, en amuse-bouche grillées avec une tranche de lard fumé les entourant, en marmites variées selon les ingrédients du moment qui cuisent avec elles, panées ou simplement frites !
Dans cette dernière version, la plus rapide quand je suis pressée, je m'en suis régalée ces derniers jours où il faisait vraiment un temps à fréquenter les bars à moules-frites, et bières, bien sûr ! Ici, point de bar de ce genre. Qu'à cela ne tienne ! Mais les moules, je n'en trouve pas beaucoup par ici, alors pourquoi ne pas les remplacer par des huîtres, qui elles recouvrent des plateformes rocheuses entières autour de la maison ! Ce sera très bon, à n'en pas douter ! Pas de frites non plus (c'est la saison des patates primeurs, pas terribles pour les frites...) ? Remplaçons-les par des "brocolis", tout genre de choux sauvages en bouton !
C'est en effet la période où toutes les brassicacées sont en fleurs : colza, moutarde, ravenelle, et tous autres choux sauvages. J'aime bien consommer ces fleurs à la manière des "brocolis", c'est délicieux tout simplement sautées à la poêle avec de l'huile d'olive et un peu d'ail, à la façon asiatique, en soupe, en gratin, ou en mélange éventuellement avec des pâtes (sur la photo, j'ai utilisé des trottole, qui s'imprègnent bien des sauces !) ou encore à servir juste avec un riz nature, ils se prêtent à toutes les préparations qu'on réserve au brocoli...
 
 
Pour les "brocolis" de choux sauvages divers, récolter les fleurs quand elle ne sont pas ouvertes mais encore en bouton. Bien les rincer à l'eau claire. Sécher et faire sauter dans un peu d'huile de votre choix avec une gousse d'ail écrasée, saler et poivrer. On peut les manger tels quels, avec un riz nature, ou les ajouter à des pâtes al dente (des trottole, par exemple, comme sur la photo du plat, c'est mon modèle préféré du moment, elles absorbent bien les sauces !).

Cette bière blonde a des accents de bière blanche, elle
est assez amère pour me plaire, sans le goût sucré de
la plupart des bières blanches que je connais... 
 Et pour couronner le tout, j'ai trouvé cette bière 100% bretonne, dont l'emblème est le macareux, ce petit oiseau que j'aime bien, mais que je n'ai pas encore déniché dans ma presqu'île où pourtant il existe beaucoup de réserves à leur intention. La dernière fois que j'ai pu l'observer en colonie, c'était à Aurigny, une île anglo-normande où j'avais loué une maison pour quinze jours, le temps de faire le tour de l'île et de découvrir ses côtes du matin au soir, un séjour que j'ai gardé en mémoire comme un excellent souvenir contemplatif. Le temps aussi, alors, de sauver un "gannet" emprisonné dans un filet de pêcheur, la pauvre bête n'arrivait plus à s'envoler et, à force d'essayer, elle était épuisée.

 
A gauche, une huître crue, à droite huîtres frites.
Ne pas oublier de crever avec une pique la poche grasse au moment de les passer à la friture ! 
huîtres sauvages frites
  • récolter les huîtres en les ouvrant directement sur le rocher et de façon qu'elles restent entières (je les mets au fur et à mesure dans une boîte en plastique dur)
  • les rincer à l'eau claire pour éliminer toutes escarbilles de coquille
  • égoutter et sécher avec du papier absorbant
  • mélanger dans un saladier sel, poivre et farine en quantité suffisante pour le nombre d'huîtres
  • passer les huîtres dans ce mélange
  • au moment de les frire dans l'huile chaude, les piquer avec une pique à brochette à l'endroit de la poche grasse et les déposer dans la poêle (piquer la poche grasse évite qu'elle ne vous éclate à la figure dans la friture !)
  • cuire quelques secondes pour faire dorer chaque face
  • Servir aussitôt
C'est très iodé, croustillant à souhait à l'extérieur et moelleux à l'intérieur, et si vous utilisez un bon poivre qui sublime le tout, c'est... mmmmmmm, trop, trop bon !     

Libellés

2018 (1) acacia (6) actualité (1) actualités (1) agaric des bois (1) agaric sylvestre (1) aigrette (1) ail des ours (2) ail triquètre (6) alliaire (4) amanite rougissante (1) amanites (1) année 2020 (1) arbres (1) arroche (1) arroche en arbrisseau (1) artichaut (1) automne (1) bardane (4) beignet (4) berce (7) bernaches (1) bette (1) bette maritime (5) betterave (1) bière (1) bigorneau (2) blogs (5) blogs amis (7) blogs recommandés (2) bonbon (1) boulettes (2) bourdaine (1) bourrache (2) bourse à pasteur (1) brèdes (1) bretagne (16) buccins (1) calamar (1) camélia (1) captcha (1) champignons (9) chardonneret élégant (1) châtaigne (1) chou marin (2) ciboulette (2) clavaire crépue (1) clématite des haies (1) clitocybe améthyste (2) clitocybe laqué (1) colza (4) combava (1) compagnon rouge (1) confinement (1) confiture (8) conserves (1) consoude (6) contribution lecteurs (1) coques (3) cornouille (1) coulemelle (1) crabe vert (1) cramaillote (2) crambe maritime (2) crème dessert (1) crépinette (1) cressonnette (1) criste (3) criste marine (1) cross over (2) cross over (blogs) (1) cueillette (1) cuisine exotique (1) dédicace (6) dessert (3) diplotaxis(fausse roquette) (1) dolmades (4) égopode (2) encre de seiche (1) étourneau sansonnet (1) excidie glanduleuse (1) farce (2) farci (1) farcis (1) faune (2) fenouil (1) feuille de pêcher (1) feuilleté (1) ficaire (1) fiche (4) fiches (19) ficoide (1) figue des hottentots (1) figue marine (1) fistuline hépatique (3) fleur de pissenlit (1) fleurs (2) gateau (3) gâteau (4) gelée (7) glace (2) glaucienne jaune (1) goeland (1) guimauve (1) helvelle crépue (1) histoire (1) huîtres (6) huppe fasciée (1) inconnues à identifier (2) interlude (2) jardin (4) lactofermentation (2) laitue sauvage (3) lampsane (1) lavatère (1) lavatère maritime (1) lépiote élevée (1) lierre terrestre (3) liqueurs (2) livres (2) lotte (1) lunaire ou monnaie du pape (1) maceron (4) mahonia aquifolium (1) maquereau (1) mauve royale (3) mauve sylvestre (1) mélisse (1) merisier à grappes (1) mésanges (1) moineau domestique (1) morille (1) moutarde (2) muguet (1) mûre (7) navet sauvage (1) neige (1) nems (2) obione (2) oiseaux (4) oiseaux terrestres (2) oreille de judas (1) ormeaux (1) ortie (1) paillassons (1) pain (1) palourdes (6) papillon (1) pariétaire (1) passiflora caerulea (1) pause (1) pavot cornu (1) pêche (1) pêche à pied (1) perruche (1) phytolaque (6) pic noir (1) picridie (1) pied bleu (1) pinson des arbres (2) pissenlit (7) pivert (1) plagiat (1) plantes sauvages (1) pleurote (2) poisson (4) porcelle (1) poule au riz (1) praires (1) printemps (2) problème blogger (1) pruneau (1) prunelle (1) prunes (4) pub (1) purée (1) quiche (1) ravenelle (4) recettes (1) réédition (1) rencontres (2) renouée du Japon (5) résolutions (1) rhododendron (2) risotto (3) ronce (1) roumazzava (1) roussette (1) rumex (1) salade (4) salades (2) sambos (2) sauces (1) sauve à l'estragon (1) seiche (1) sirop (4) sorbier des oiseleurs (3) soupe (6) souvenir (1) souvenirs parisiens (1) sureau (7) tag (1) tanaisie (1) tartinades (1) tempête (1) tourteau (1) trémelle (1) tussilage (2) vergerette du canada (1) vin (1) violette (1) voeux (3)