Le temps maussade n'a pas que du mauvais. Pas du tout adepte du bronzing à tout crin, du genre à squatter la moindre parcelle du bois pour ôter le haut et le bas dès qu'un rayon de soleil se pointe, j'ai profité de ce week-end pas très chaud pour sortir mon panier à sauvages en IDF, parce que vous savez, l'avantage d'habiter à côté d'un bois, c'est qu'on n'a pas besoin de prendre la voiture pour s'aérer, mais le désavantage, c'est aussi la foule qui s'y déplace dès qu'on gagne quelques degrés en température, foule qui, parfois, suscite quelques propos qui me font sourire. Chaque coin des bois a son genre. Hier, alors que je recensais mentalement les endroits à foule et les endroits déserts, j'ai entendu au loin une femme crier à ses ados en balade. "Non, pas par là-bas, c'est le coin des groupes à chiens... Non pas par là-bas non plus, c'est le coin des h-o-m-o-s..." "Mais on va où alors ?", rétorquèrent les jeunes, un peu désespérés. C'est vrai que, quels que soient l'endroit ou les circonstances, les groupes, ce n'est pas ma tasse de thé, et, indépendamment de mon agoraphobie peu exagérée, je me demande si je n'ai jamais eu le réflexe grégaire. Là où les gens y voient un instinct de survie, j'y verrais plutôt un risque à mon salut.
Sortie des sentiers battus, je trouve des coins broussailleux où je suis tranquille pour observer les plantes, les oiseaux, les photographier quand je peux. Aujourd'hui, j'ai vu de jeunes geais, encombrée avec mon panier, je n'ai pas eu le temps de le poser et de dégainer mon numérique que déjà ils étaient dans les feuillages qui commencent à se densifier. Ca y est, je crois que le printemps va arriver à se faire un safari avant l'été... Euh, faut le dire vite, j'ai remis ma doudoune ce matin pour aller au marché !
Mes coins sauvages sont magnifiques en ce moment, la consoude se porte à merveille, j'ai déjà publié plusieurs idées de recette sur ce blog (v. libellés, v° consoude), elle commence à fleurir. L'alliaire est presque en graine, sa saison est très courte car elle devient rapidement très amère. La tanaisie est superbe, j'en ai cueilli un peu pour mettre dans un vase, il paraît qu'elle éloigne les insectes, les fourmis, lesquelles ont un peu envahi la maison cette semaine, je pense que le chat les ramène dans sa fourrure quand il rentre de sa sieste dans la cour. Les pissenlits sont en train de semer à tout vent, mais j'ai quand même découvert une prairie un peu ombragée avec encore de très belles fleurs, bien ouvertes et... sans les minuscules hôtes de la forêt ! J'en ai cueilli de quoi faire encore quatre pots de cramaillote, car essayer celle-ci, c'est l'adopter, c'est trop bon (recette publiée récemment, cliquer ICI) !
Un peu plus loin, j'ai retrouvé de la renouée du Japon, splendide. Jugez vous-même de la croissance spectaculaire de cette plante, en quinze jours elle peut pousser de plus d'un mètre ! Les photos ci-dessous ont été prises à deux semaines d'intervalle.
Comme le temps a été assez frais, elle est idéale à cueillir en ce moment. Les pousses sont tendres à souhait. Petit conseil si vous n'êtes pas habitués à la cueillir : ne pas se fier à la hauteur de la plante pour la cueillette, mais plutôt au diamètre et à la couleur de la tige. Certaines tiges très haute peuvent être très jeunes, d'autres plus basses déjà ligneuses. Les choisir d'une belle grosseur et d'une couleur vert intense, car plus la plante vieillit, plus la couleur de la peau devient claire et terne. A la coupe, le couteau doit trancher sans résistance, sinon n'insistez pas, vous ne pourrez rien en faire de satisfaisant. J'en ai récolté qui faisaient presque un mètre, tendre de haut en bas !
| Gelée de fleurs de pissenlit (cramaillote) et confiture de renouée du Japon |
Sortie des sentiers battus, je trouve des coins broussailleux où je suis tranquille pour observer les plantes, les oiseaux, les photographier quand je peux. Aujourd'hui, j'ai vu de jeunes geais, encombrée avec mon panier, je n'ai pas eu le temps de le poser et de dégainer mon numérique que déjà ils étaient dans les feuillages qui commencent à se densifier. Ca y est, je crois que le printemps va arriver à se faire un safari avant l'été... Euh, faut le dire vite, j'ai remis ma doudoune ce matin pour aller au marché !
| cramaillote |
Mes coins sauvages sont magnifiques en ce moment, la consoude se porte à merveille, j'ai déjà publié plusieurs idées de recette sur ce blog (v. libellés, v° consoude), elle commence à fleurir. L'alliaire est presque en graine, sa saison est très courte car elle devient rapidement très amère. La tanaisie est superbe, j'en ai cueilli un peu pour mettre dans un vase, il paraît qu'elle éloigne les insectes, les fourmis, lesquelles ont un peu envahi la maison cette semaine, je pense que le chat les ramène dans sa fourrure quand il rentre de sa sieste dans la cour. Les pissenlits sont en train de semer à tout vent, mais j'ai quand même découvert une prairie un peu ombragée avec encore de très belles fleurs, bien ouvertes et... sans les minuscules hôtes de la forêt ! J'en ai cueilli de quoi faire encore quatre pots de cramaillote, car essayer celle-ci, c'est l'adopter, c'est trop bon (recette publiée récemment, cliquer ICI) !
Un peu plus loin, j'ai retrouvé de la renouée du Japon, splendide. Jugez vous-même de la croissance spectaculaire de cette plante, en quinze jours elle peut pousser de plus d'un mètre ! Les photos ci-dessous ont été prises à deux semaines d'intervalle.
Ci-dessus à droite, de belles tiges, hautes mais bien charnues sur toute la longueur.
Ci-dessous : un beau massif de renouée, mais les tiges, qui ont poussé dans un endroit assez sec, sont trop grêles pour être récoltées et utilisées en cuisine.
J'ai joué avec la lumière de l'appareil photo pour vous montrer comment, dans la nature, distinguer les tiges tendres des tiges plus ligneuses : en haut, à gauche, leur vert devient plus terne avec l'âge, il est inutile de cueillir la plante quand elle a cette couleur, elle sera inutilisable en cuisine ; à droite, la tige doit être d'un bien vert intense pour être tendre, idéale à récolter.
Ci-dessous, on voit bien qu'elle est charnue : une fois épluchée, elle reste épaisse. Ces tiges-là sont idéales à confire ou pour faire de la confiture.
C'est décidément l'une de mes plantes favorites en cuisine sauvage. La récolte est propre et rapide à nettoyer (il suffit de la rincer à grande eau claire), puis agréable à préparer, une fois pelée, elle se prête aussi bien à la cuisine salée qu'à toute préparation sucrée : tarte, confit, gelée ou confiture... J'ai déjà donné des idées de la cuisine en plat salé (v. dans les libellés). Aujourd'hui, je vous propose
ma confiture de renouée du japon
étant précisé que, pour toutes les confitures, je m'inspire des principes de base publiés ICI. Je n'utilise jamais le sucre spécial confiture qui donne à celle-ci une texture que je n'aime pas du tout. Je fais un gélifiant naturel à base des chutes de peau blanche et pépins de citron, une fois que j'en ai extrait le jus, à réserver pour la macération)
INGREDIENTS : tiges de renouée, sucre cristallisé, citrons
(pour 1kg de renouée net, 2 citrons)
(pour 1kg de renouée net, 2 citrons)
- enlever les feuilles des tiges,
- couper en tronçons en jetant la partie du nœud qui sépare deux segments (photo en fin de billet)
- rincer à l'eau claire, égoutter (ne pas oublier de vider les "tuyaux" dans les deux sens !)
- peler en veillant à bien enlever tous les fils,
- couper en petits tronçons de 1 cm,
- peser, ajouter 800g de sucre pour 1kg de tige,
- ajouter le jus de citron dans la préparation,
- bien mélanger et laisser macérer au moins 1/2 journée, en remuant de temps en temps,
- au bout de ce temps, mixer la préparation,
- cuire les chutes de citron avec un peu d'eau 10mn à feu doux
- filtrer et réserver ce jus (gélifiant naturel)
- verser la macération dans la bassine à confiture
- porter à ébullition, écumer, cuire environ 30mn à feu vif
- ajouter le gélifiant que vous avez préparé avec les chutes de citron,
- poursuivre la cuisson 10mn, vérifier la prise en confiture (selon votre méthode habituelle, la mienne étant que la préparation nappe la louche, elle retombe en larges gouttes épaisses qui se figent au bord de la louche)
- arrêter le feu et mettre en pots à chaud, retourner les pots jusqu'à complet refroidissement (cela parfait la stérilisation des pots et évite les moisissures).
Je trouve cette confiture délicieuse, on reconnaît bien le goût de la renouée, le citron ne nuit pas à ce goût déjà acidulé naturellement. Je ne suis pas étonnée qu'on l'appelle dans une certaine région la "rhubarbe du Rhin" car le goût de cette confiture s'en rapproche un peu, l'odeur étant cependant très différente. On peut mélanger à d'autres fruits, comme la framboise, la fraise (photo ci-contre).
J'avoue que ma préférence va vers les confitures 100% du même fruit, même si certaines associations sont alléchantes, mais je m'en lasse vite.
Si j'ai le temps d'aller cueillir encore de ces tiges idéales, je les confirai, car je trouve la renouée du Japon vraiment intéressante en cuisine sucrée.
J'avoue que ma préférence va vers les confitures 100% du même fruit, même si certaines associations sont alléchantes, mais je m'en lasse vite.
Si j'ai le temps d'aller cueillir encore de ces tiges idéales, je les confirai, car je trouve la renouée du Japon vraiment intéressante en cuisine sucrée.