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Dernier memo en date :
30 janvier 2016
Chers amis lecteurs, en attendant que je reprenne un par un les billets de ce blog dont certains lecteurs m'ont signalé qu'il était illisible car parfois écrit jaune sur blanc (*), je suis encore dans les temps pour vous souhaiter une très belle année 2016... Lire la suite ici http://bellessauvagesetplus.blogspot.fr/2016/01/blog-en-cours-de-restauration-non-non.html

dimanche 6 mai 2018

une petite roussette à l'estragon, ça dit à quelqu'un ?

Moi, j'aurais bien dit oui, mais voilà, comment tordre le cou à une bestiole pareille, quand elle vous regarde dans les yeux ! Et quels yeux ! Je l'ai dit, je suis un peu hypocrite sur les bords quand il s'agit d'estourbir les animaux avant de les manger. Je me souviens que, lorsqu'on faisait du bateau avec des amis, je faisais déjà la grimace quand ma copine assommait sans état d'âme un beau maquereau tout frais pêché qui se tortillait encore vigoureusement au bout d'un hameçon de la planchette japonaise. Alors, vous pensez bien, attraper cette belle roussette de plus de 70cm qui s'était laissée enfermer dans une flaque d'eau trop petite pour lui permettre de nager, puis..., euh, d'ailleurs comment on "tue" un poisson, on lui tranche la tête, on l'éventre, on l'assomme ??? Ouf, à moins d'assister à son agonie à l'air libre, sûrement trop longue pour mon âme sensible, je ne suis outillée ni pour l'une, ni pour les autres de ces solutions, car j'étais partie seulement à la pêche à la palourde et aux photos ! Du coup, j'ai attrapée la bestiole derrière la tête, me suis écorchée à sa peau très abrasive (appelée aussi galuchat ou peau de chagrin). Elle a failli m'échapper de la main dans un sursaut de défense. Ça a de la force ces petits requins, bigre ! Je l'ai remise à l'eau dans un étier assez profond, elle allait pouvoir repartir très vite, la mer commençait à monter sérieusement.
  
Une fois remise de ses "émotions", elle est allée se réfugier dans la végétation marine. C'est beau, un poisson qui nage !
Description : la petite roussette (Scyliorhinus canicula), est un Chondrichthyens, c'est-à-dire un poisson à squelette cartilagineux selon son éthymologie grecque). Elle est de la famille des Yliornidés et Rajidés. Avec une peau tachetée de roux, ses jolies nageoires dorsales et ses yeux très allongés, elle est plutôt jolie et facile à reconnaître. C'est un petit requin qui vit dans les fonds sableux ou graveleux, à des profondeurs allant jusqu'à plusieurs centaines de mètres. Aux grandes marées, il n'est pas rare d'en voir emprisonnées dans des flaques où, si elles n'ont pas l'espace ou la profondeur nécessaires pour nager un peu, elles meurent. Il m'est arrivé d'en trouver ainsi, flottant et agonisant les branchies à l'air. Mais même tout fraîchement mort (photos ci-dessous), je ne sais pas comment dépecer un tel poisson car sa peau, très rêche, non comestible, est difficile à retirer à ce qu'on dit. Les poissonniers appellent cette opération l'écorchage ! La roussette n'est vendue que dépouillée de ce "galuchat" ou "peau de chagrin", sous l'appellation plus flatteuse de "saumonette". Sa chair fine mais assez ferme est un peu douçâtre à mon goût, elle demande une bonne sauce. L'avantage de ce poisson est son absence d'arêtes car il ne possède qu'une épine dorsale en cartilage.

 
Mon utilisation culinaire c'est un poisson que je ne déteste pas. Je le choisis d'un bon diamètre, le coupe en tronçons et le cuis à la vapeur une dizaine de minutes. Puis, selon mon envie du jour, je l'agrémente tout simplement avec du beurre fondu parsemé de ciboulette et de persil hachés, ou encore de toute autre sauce, même relevée, tout lui convient, ma préférée restant une sauce à l'estragon.
Ingrédients
une branche d'estragon, feuilles détachées, en gardant la tige
un oignon haché très fin
un peu de farine
du beurre, un peu d'huile
du bouillon de légume (avec oignon, céleri, tiges de persil, laurier, tige d'estragon)
Cuisson
faire fondre le beurre avec un peu d'huile neutre, ajouter la farine, bien homogénéiser avant de mouiller avec du bouillon par petites quantités jusqu'à obtenir une sauce crémeuse, ajouter l'estragon haché.
*****

lundi 30 avril 2018

interlude, ou le goéland et la seiche

Lors de ma dernière pêche à la palourde, j'ai vu au loin un goéland qui semblait se débattre avec une belle prise. Peut-être un poisson, une petite roussette, comme il m'arrive d'en voir emprisonnée dans les flaques. A l'œil nu,  je n'arrivais pas à identifier sa pêche, mais j'ai pris au zoom des photos de toute la scène, et ce n'est que plus tard, quand je me fus approchée du lieu quitté par la bête repue, que je trouvai... un os de seiche flottant sur l'eau.
 
 

 
 Deux de ses congénères étaient très intéressés par la scène aussi ! 
 
A l'approche des autres goélands, le pêcheur a hérissé ses plumes et grondé, je n'avais jamais vu ça !
Puis il a continué tranquillement son festin...
 
... avant de s'intéresser enfin aux autres goélands...
... qui, eux, en avaient pris leur parti !
 

 
 
Moi aussi, j'aurais bien aimé qu'il me pêchât une seiche, ce beau goéland ! Pour ceux qui ont du mal à distinguer ce bel oiseau de la mouette, tous deux de la famille des Laridés, j'avoue qu'ils ont beaucoup de points communs, dont un plumage assez semblable, à dominante blanche. Seuls leurs tailles et la couleur de leurs becs permettent une identification facile.
La mouette commune de nos côtes, dite la mouette rieuse à cause de son cri qui rappelle le son d'un ricanement, a les pattes et le bec rouges.
Quant au goéland, dont l'envergure est deux fois plus grande, il possède un bec jaune avec une tache rouge sur la partie inférieure, comme on le voit bien, notamment, sur ma dernière photo. Il en existe deux sortes sur  nos côtes, le goéland argenté, à pattes roses, et le goéland leucophée, à pattes jaunes.
*****

mercredi 11 avril 2018

la ravenelle, une plante sauvage et comestible, à toutes les sauces

C'est la saison où elle est bonne à manger, ses feuilles sont encore tendres et les racines aussi si on aime. Pour ma part, n'étant pas trop "légumes racines", je préfère donc ses feuilles et ses jeunes tiges. En ce moment où les légumes cultivés nouveaux sont encore assez rares sur les étals, je m'en régale et je ris sous cape car on en trouve beaucoup dans la nature, de cette plante que d'aucuns considèrent comme une adventice indésirable qui rend dingues les jardiniers, alors qu'elle a l'heur d'être comestible et... bonne à manger si on aime les choux, radis ou autres espèces du même genre ! C'est vrai que, vu son envergure, elle envahit vite un parterre et qu'il n'est pas facile de l'arracher, il faut y aller à la bêche ! Heureusement qu'elle n'est pas encore arrivée sur mon terrain.

fleurs et siliques portant les graines de la ravenelle
Description : la ravenelle (Raphanus raphanistrum), aussi appelée radis sauvage, entre autres noms vernaculaires, est une plante de la famille des Brassicacées. Annuelle ou bisannuelle, parfois même pérennante sans pourtant pouvoir être classée dans les vivaces, sa plantule apparaît dès la fin de l'hiver et sa rosette croît très vite. La plante adulte présente une tige florale à section ronde, pleine, dressée et ramifiée qui peut atteindre une bonne hauteur (plus de 60cm), elle a un aspect "piquant" à cause des poils rudes qui la hérissent. Les feuilles sont portées par un pétiole parfois très long, elles sont composées de lobes dentelés bien nets dont le terminal est très large et se finit en pointe la plupart du temps. Elles aussi revêtent une pilosité sur les deux faces qui les rendent désagréables au toucher. Les fleurs (à quatre pétales, comme dans toute sa famille) sont jaunes ou blanches veinées de violet. Les siliques portant les graines peuvent être très longues.
Toute les parties de la plantes sont comestibles, mais il est préférable de la consommer quand elle est jeune car elle devient vite amère et coriace.
Les quelques photos ci-dessous vous aideront, je l'espère, à la reconnaître dans la nature.
 
Ravenelle au bord de la mer. Certaines plantes atteignent plus de 60cm
de haut, avec une belle envergure d'autant ! 
 
 
Au début de sa végétation, on pourrait presque confondre la ravenelle avec la moutarde. Mais l'aspect général de la ravenelle est beaucoup plus imposante, moins fragile que la moutarde,  la texture de ses feuilles est différente, elles sont plus denses et rugueuses que celles de la moutarde dont la tige n'atteint jamais la section de la ravenelle et reste plus grêle même à l'âge adulte.
  

 
Utilisation culinaire : elle est multiple. On peut lui lui prêter les mêmes préparations qu'à n'importe quel chou, notamment le chou kale dont je raffole aussi, ce bien avant qu'il ne revienne à la mode ! A noter la texture sous la dent des feuilles de ravenelle, toujours un peu rugueuse, comme les feuilles de citrouilles que, dans les Antilles, les gens utilisent en cuisine sous le nom de "brède chouchou" (v. plus de détails en fin de billet). 
Les feuilles, sur les deux faces, sont recouvertes de poils assez rudes.
Ne pas se laisser arrêter par le toucher rugueux, voire piquant, de la ravenelle au moment de la cueillette. Une fois cuite, cette rugosité est fortement atténuée, elle peut même disparaître si on la cuit normalement et pas al dente comme je l'aime. Son goût convient à ceux qui aiment les légumes ayant de la mâche, du caractère, qui se plaignent que nos endives, nos asperges, sont devenues trop douces et sucrées, quand on recherchait surtout leur amertume en bouche !
Préparation et cuisine : bien rincer la plante à l'eau légèrement vinaigrée puis à l'eau claire. Ensuite, détacher les lobes verts et, éventuellement, éplucher quelques tiges assez jeunes pour être consommées (celles qui ne sont pas dures et encore translucides une fois coupées).
Ce que j'en fais (compter une petite quinzaine de minutes pour la cuisson des feuilles, un peu plus pour les tiges si on les utilise seules) :
  • Je les rajoute dans une soupe à la place du chou classique 15mn avant la fin de la cuisson finale.
  • Je les blanchis et les rajoute dans un risotto ou des pâtes,
  • Je les fais sauter à la poêle avec de l'huile d'olive et de l'ail, à la façon asiatique +- 15mn.
  • Je les blanchis 15 mn à l'eau bouillante puis j'y ajoute de la sauce blanche, ou de la crème, ou du beurre, le tout parsemé d'ail haché une minute avant la fin de la cuisson.
  • Je les mélange, blanchies, à des pommes de terre sautées,
  • Avec les tiges seules, on peut faire un gratin ou les utiliser à la manière des salsifis : à la crème ou sautées au beurre avec un peu d'ail.
C'est un accompagnement intéressant avec du poisson blanc, une viande d'agneau. Et, comme je l'ai dit plus haut, j'aime bien aussi m'en servir comme "brèdes" (légumes verts de toutes sortes, ainsi appelés à Madagascar où on trouve la célèbre "brède mafane" (cresson de Para - Acmella oleracea), à la saveur piquante même après cuisson, que les amateurs connaissent bien), c'est-à-dire l'ajouter dans un ragoût de viande 15 mn avant la fin de la cuisson, comme dans un roumazzava.
Je vous donne la recette de ce plat traditionnel malgache. Si vous n'avez pas de brède mafane sous la main, vous pouvez le remplacer par la ravenelle ou tout autre légume feuille vert. Bien sûr, vous n'aurez pas pas non plus le zébu sous la main, viande qui sert de base au plat dans son pays d'origine, mais on peut aussi le faire avec du bœuf, ou autre viande.
 
ragoût de porc à la ravenelle façon roumazzava
de l'échine de porc coupée en petits morceaux, 1 oignon jaune haché gros, 1 gousse d'ail haché, feuilles de laurier, deux tomates coupées en morceau, une petite racine de gingembre aplatie, sel, un peu de bouillon ou d'eau
  • chauffer de l'huile dans une sauteuse, ajouter l'oignon et l'ail qu'on fait légèrement revenir sans colorer,
  • ajouter les morceaux de porc et laisser légèrement colorer le tout à feu vif,
  • ajouter le gingembre, les tomates, saler,
  • laisser cuire à feu doux-moyen pendant +-20 minutes,
  • ajouter les feuilles de ravenelle et continuer la cuisson 15mn.
  • servir le ragoût avec du riz nature.

lundi 9 avril 2018

encore des palourdes, et des très grosses à farcir au beurre d'escargot

Depuis une quinzaine, j'y vais quasiment tous les deux jours, histoire de rattraper mon déficit de grand air. L'hiver dernier a été long, très long, ici où pas deux jours sans pluie ne se sont enchaînés depuis novembre dernier. Pas de grandes tempêtes, mais les mini répétitives ont suffi pour déraciner beaucoup d'arbustes dans le jardin où un grand travail m'attend. Inutile de dire que je ne sais pas par quel bout commencer, surtout que le beau temps ne semble pas vouloir s'installer vraiment, retardant toute activité extérieure. Pour mieux attaquer ce travail ingrat qui m'attend, quoi de plus relaxant que de me concentrer sur les trous à palourdes (v. mon précédent billet sur la palourde pour une description sommaire), surtout depuis que je les pêche dans les flaques et non plus sur le sol, et que je fais des pêches miraculeuses ! C'est facile quand... il ne fait pas beau et qu'il n'y a pas de vent, car la réverbération du soleil dans l'eau ou les risées n'aident pas à distinguer ces trous, parfois béants, qu'il suffit de se pencher un peu pour apercevoir. Sur ces grands espaces peu fréquentés, la pêche à pied est un bonheur qui allie contemplation et plaisir de se régaler ensuite.
Hier, encore un seau plein en à peine trois heures de pêche, et je n'ai pris que les grosses, bien au-delà de la taille réglementaire (4cm minimum préconisé, les miennes dépassaient largement les 4,7).
Mes recettes se suivent et se ressemblent, peu de variantes.
C'est avec une sauce un peu liquide mais crémeuse que je les préfère, une espèce de sauce blanche que je fais avec beaucoup de beurre et que j'enrichis de persil et ail hachés très fin. A mi-chemin entre le beurre d'escargot, la béchamel et la sauce blanche, ce goût convient bien à ce genre de coquillages :
  • faire s'ouvrir les palourdes dans un bouillon aromatisé ou non (selon goût, laurier, oignon, persil...), les égoutter et réserver, en gardant le jus de cuisson (à filtrer s'il est sableux),
  • dans une casserole, faire fondre un gros morceau de beurre dans un peu d'huile neutre, ajouter une bonne cuillerée de farine, remuer pour mélanger, ajouter environ un litre de jus de cuisson des palourdes, saler, poivrer, bien mélanger doucement à la spatule pour obtenir une sauce crémeuse, ajouter l'ail et le persil haché très fin, mélanger,
  • verser cette sauce sur les palourdes, donner quelques tours de spatule pour enrober les coquillages et servir aussitôt.
C'est le genre de recette qu'on dit tout simple, mais qui prend quand même un peu de temps, à savoir que, après une bonne journée de pêche, on n'a plus forcément envie de cuisiner. De toutes façons, il vaut mieux faire dégorger les coquillages une nuit au frais avant de les consommer, sinon ils risquent d'être très "sableux", c'est très désagréable de tomber sur des "grains" assez gros parfois pour nuire aux dents ! Une demi-journée est un minimum. Ensuite, ne pas oublier de bien laver rapidement les coquillages à l'eau claire plusieurs fois avant de cuire. Enfin, vous faites comme vous voulez !
 
En ce moment, je profite aussi des pommes de terre nouvelles. Les palourdes farcies sur un lit de pommes de terre nouvelles cuites à la vapeur et parsemées de beurre d'escargot sont tout simplement appréciés en toute convivialité pour un plat improvisé mais, comme je l'ai dit plus haut, ça prend un peu de temps quand même.
 

  • faire un beurre d'escargot en mélangeant du persil et de l'ail hachés très fin avec du beurre mou, du sel, du poivre moulu (si on veut)  en malaxant bien le tout pour obtenir une pâte homogène,
  • cuire les pommes de terre à la vapeur ou à l'eau, les couper en rondelles dans un plat allant sous un grilloir (ou au four),
  • faire s'ouvrir les palourdes dans un bouillon, en les jetant par grosse poignée dans l'eau bouillante, les égoutter, les décortiquer en gardant quelques belles coquilles,
  • étaler quelques chairs de palourdes sur les rondelles de pommes de terre, parsemer de noisettes de beurre d'escargot,
  • farcir quelques coquilles avec la chair des palourdes et du beurre d'escargot,
  • poser sur le dessus des pommes de terre,
  • enfourner sous le grilloir quelques petites minutes, le temps que le beurre grésille,
  • servir aussitôt.
   
***** 

mercredi 4 avril 2018

palourdes farcies à l'ail triquètre

Dans le précédent billet,  je vous parlais en détail de l'ail triquètre. En ce moment, tout le monde se plaint de son invasion. Je dis à tous "vous n'avez qu'à la manger, comme moi". J'adore les voir écarquiller leurs yeux ! C'est vrai que je n'en ai jamais autant vu dans mon jardin et au bord des routes que cette année. Donc, elle est souvent utilisée dans ma cuisine sauvage.
Le week-end dernier, il y avait grandes marées mais très mauvais temps ! Curieusement, entre deux averses, et en restant seulement en haut de l'estran, j'ai pu faire une pêche de palourdes miraculeuse : il y avait des trous partout, et même mon grand blond a pu en avoir une cinquantaine, c'est pour dire ! Un prochain billet sera consacré en détail à la pêche à pied car il ne faut surtout pas oublier qu'elle est réglementée et que les contrôles sont assez fréquents en période estivale ou lors des grandes marées.

   
En attendant, voici une recette de palourdes farcies. J'ai utilisé les plus grosses de ma pêche à cette fin.
Pour information rapide, la palourde (Tapes Ducussatus ou Ruditapes Decussatus) est un bivalve, qui peut être de sable ou de roche, la première étant la plus prisée car plus fine en goût. Elle se pêche même à faible coefficient, aux moyennes marées, dans la vase ou dans les bancs de sable d'où l'eau s'est retirée momentanément, voire dans les étiers à fond sableux. Dans les sols découverts où elle est censée être présente, la meilleure façon de la repérer, c'est d'observer deux petits trous réguliers assez rapprochés produits par ses siphons. Il suffit alors de creuser avec une fourche à dents, un crochet ou un couteau spécial (une cuiller ou une fourchette assez rigides peuvent convenir) jusqu'à 10 cm de profondeur. Je lis souvent dans les livres que l'espacement des trous correspond à la taille de la bête. Or, à l'expérience, je me suis aperçue qu'il n'en était rien. Parfois même, je ne vois qu'un seul trou, tout en étant sûre d'y trouver une palourde. Tout dépend du sol, de l'endroit où la palourde s'enfouit. Il est vrai que, pour "apprendre" à observer ces trous, rien de mieux que l'apprentissage visuel sur place, car, comme chacun le sait, des petits trous, il n'y a que ça dans les fonds marins à sec ! J'ai eu la chance d'avoir été initiée récemment à les repérer, d'où une pêche moins aléatoire que celle que je pratiquais jusqu'à présent, c'est-à-dire "ramasser" la palourde au fil de l'eau dans les étiers, quand elle est encore visible, ce qui est très agréable mais pas toujours fructueux. Le plus amusant pour moi et le plus facile désormais, c'est de pêcher au trou mais dans les flaques où on les repère bien. Et elles en ressortent déjà toutes propres et souvent de belle taille.
Ne pas négliger de les faire "dégorger" au moins une demi-journée dans de l'eau de mer mélangée à un peu d'eau douce avant de les cuisiner. Même ainsi, elles restent parfois un peu "sableuses" sous la dent. Une nuit entière est l'idéal pour leur faire rendre le sable ou gravier, car elles s'ouvrent souvent dans l'eau et on voit bien leurs siphons (ce sont eux qui laissent leur trace sous forme de trous dans le sol).
   
Palourdes farcies à l'ail triquètre
- compter 12 grosses palourdes par personne,
- 1 bouquet d'ail triquètre (arracher avec les bulbes)
- beurre mou, sel, poivre
  • faire un beurre aillé : hacher très fin les feuilles, fleurs et bulbes d'ail triquètre bien lavés, ajouter sel et poivre, mélanger avec le beurre mou pour en faire une pâte homogène,
  • faire bouillir de l'eau dans une grande casserole, y lâcher les palourdes par poignée pour les ouvrir (une à deux minutes), les égoutter, enlever une valve,
  • farcir les palourdes avec le beurre aillé,
  • mettre sous le grilloir du four le temps que le beurre fonde et grésille un peu.


Mon truc : je place les palourdes sur des tranches de gros pain de campagne avant de les enfourner. D'abord, ça cale un peu les coquillages. Et si le beurre fond à côté des palourdes, il imprègne le pain directement, plus besoin de saucer !

mercredi 21 mars 2018

l'ail triquètre pour fêter le printemps dans l'assiette (et dans le jardin)


bouton et fleurs d'ail triquètre
L’ail triquètre (Allium Triquetrum L.), ainsi appelé à cause de sa tige florale à trois angles facilement reconnaissable, est une plante bulbeuse vivace de la famille des Amaryllidacées. Ses feuilles rubanées peuvent mesurer jusqu’à 40 cm, elles sont assez charnues au toucher. Ses fleurs s’épanouissent en ombelles lâches de clochettes blanches parcourues de nervures vertes. Viendront ensuite les graines - des fruits en akènes -, une par fleur. Elle se multiplie par les bulbilles ou les graines.
C’est une plante qui pousse en colonie en littoral méditerranéen, notamment, mais, depuis une dizaine d’années, elle s’est naturalisée en Bretagne, où, introduite à titre ornemental comme souvent, elle est devenue presque indésirable, tellement elle est invasive et neutralise l’espace au détriment des plantes indigènes.

On voit bien ci-dessus les trois arêtes qui forment les angles de sa tige florale.
Et ci-dessous les nervures vertes sur les pétales des fleurs.
 
Avantagée par sa croissance très rapide, elle se propage à une vitesse vertigineuse. De quelques bulbilles l'année dernière, me voici avec un parterre entier cette année. Et c'est partout pareil dans le reste du jardin, où elle s'est incrustée sans complexe au milieu de mes plantations !

 
 
Mais outre que je la trouve jolie au printemps, quand la nature n’est pas encore très gaie, elle est facilement maîtrisable : il suffit de l’arracher dans les parterres, la touffe vient toute seule, ou de la tondre en même temps que l’herbe. L’odeur d’ail qui s’en dégage est vraiment caractéristique, on ne peut se tromper : il s’agit bien d’un ail ! Et je lui trouve une utilisation très gourmande en cette saison où les herbes fraîches ne sont pas encore récoltables : elle finit dans mes assiettes, remplaçant facilement ciboulette, ciboule, et même l'ail cultivé (Allium Sativum) que j’utilise habituellement en cuisine mais dont la saison n’a pas encore débuté, étant observé que depuis quelque temps, je n’arrive plus à le garder d’une année sur l’autre, il moisit ou se dessèche...
Attention, cependant, si le goût y est, ne pas oublier que l’ail triquètre n’a aucunement les propriétés de l’ail en gousses commun. Avoir à l’esprit que si on en parfume une salade ou le cuit pour donner un goût d’ail aux préparations, il ne faut pas s’attendre à en recueillir des bienfaits quelconques qui seraient ceux attendus de l’ail destiné habituellement à la cuisine.
J’en fais souvent une sorte de pesto pour tartiner des toasts et accompagner des fruits de mer ou poissons.
Pesto d'ail triquètre
- hacher les tiges et feuilles d’ail triquètre
- mélanger avec de l’huile d’olive, sel, poivre
- ajouter des pistaches concassées.
(je pile le tout au mortier, mais vous pouvez bien sûr utiliser un robot).
Ainsi, c'est tout simplement bon !
 
mes autres utilisations habituelles en cuisine :
  • dans des paillassons de pomme de terre (pommes de terre râpées, ail triquètre haché grossièrement, œuf, un peu de farine, sel, poivre, mélanger le tout et frire par grosse cuillerée aplatie dans une huile très chaude 2-3mn par face),  
  • dans une poêlée de champignons, ou autres légumes sautés,
  • dans les farces de viande ou de poisson,
  • en saucière (faire fondre un peu de beurre dans une poêle, ajouter l'ail triquètre haché très fin, puis un peu de farine, un peu d'eau pour délayer, remuer, saler, poivrer, et servir cette sauce crémeuse et bien parfumée  pour accompagner du poisson blanc à la vapeur, par exemple,
  • en velouté (cuire des pommes de terre à l'eau, les écraser, ajouter l'ail triquètre haché fin, de l'eau de cuisson des pommes de terre, saler, poivrer - servir avec des croûtons grillés)...
 

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