observation préliminaire

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Il est est TRES IMPORTANT de lire la présentation complète de ce blog avant de consulter les messages (cliquer sur l'onglet correspondant). En effet, la cueillette des sauvages ne s'improvise pas (...) En aucun cas, les renseignements fournis dans ce blog ou les expériences culinaires personnelles relatées ici ne sauraient constituer une incitation à consommer des plantes sauvages (...), ni m'engager de quelque façon que ce soit vis-à-vis des lecteurs (...)
Nota bene :
20 décembre 2011 : ce blog est en cours de restructuration. En priant mes lecteurs de m'excuser pour les perturbations momentanées qu'ils pourront rencontrer dans leurs recherches (disparition éventuelle de messages ou absence des pages annoncées mais non encore publiées...), je leur souhaite une bonne promenade, en attendant l'achèvement des travaux prévu fin 2012.
28 février 2013 - Ce blog rouvre ses portes. Je prie mes lecteurs habituels de m'excuser d'avoir trouvé porte close pendant si longtemps sans explication, et remercie ceux qui ont eu la gentillesse de m'écrire. Je repartirai panier à la main bientôt, pour partager avec vous de nouvelles cueillettes et recettes.

vendredi 10 mai 2013

une petite sortie pour un grand duo de confitures à tomber par terre




Gelée de fleurs de pissenlit (cramaillote)
et confiture de renouée du Japon
Le temps maussade n'a pas que du mauvais. Pas du tout adepte du bronzing à tout crin, du genre à squatter la moindre parcelle du bois pour ôter le haut et le bas dès qu'un rayon de soleil se pointe,  j'ai profité de ce week-end pas très chaud pour sortir mon panier à sauvages en IDF, parce que vous savez, l'avantage d'habiter à côté d'un bois, c'est qu'on n'a pas besoin de prendre la voiture pour s'aérer, mais le désavantage, c'est aussi la foule qui s'y déplace dès qu'on gagne quelques degrés en température, foule qui, parfois, suscite quelques propos qui me font sourire. Chaque coin des bois a son genre. Hier, alors que je recensais mentalement les endroits à foule et les endroits déserts, j'ai entendu au loin une femme crier à ses ados en balade. "Non, pas par là-bas, c'est le coin des groupes à chiens... Non pas par là-bas non plus, c'est le coin des h-o-m-o-s..." "Mais on va où alors ?", rétorquèrent les jeunes, un peu désespérés. C'est vrai que, quels que soient l'endroit ou les circonstances, les groupes, ce n'est pas ma tasse de thé, et, indépendamment de mon agoraphobie peu exagérée, je me demande si je n'ai jamais eu le réflexe grégaire. Là où les gens y voient un instinct de survie, j'y verrais plutôt un risque à mon salut.
Sortie des sentiers battus, je trouve des coins broussailleux où je suis tranquille pour observer les plantes, les oiseaux, les photographier quand je peux. Aujourd'hui, j'ai vu de jeunes geais, encombrée avec mon panier, je n'ai pas eu le temps de le poser et de dégainer mon numérique que déjà ils étaient dans les feuillages qui commencent à se densifier. Ca y est, je crois que le printemps va arriver à se faire un safari avant l'été... Euh, faut le dire vite, j'ai remis ma doudoune ce matin pour aller au marché !
cramaillote

Mes coins sauvages sont magnifiques en ce moment, la consoude se porte à  merveille, j'ai déjà publié plusieurs idées de recette sur ce blog (v. libellés, v° consoude), elle commence à fleurir. L'alliaire est presque en graine, sa saison est très courte car elle devient rapidement très amère. La tanaisie est superbe, j'en ai cueilli un peu pour mettre dans un vase, il paraît qu'elle éloigne les insectes, les fourmis, lesquelles ont un peu envahi la maison cette semaine, je pense que le chat les ramène dans sa fourrure quand il rentre de sa sieste dans la cour. Les pissenlits sont en train de semer à tout vent, mais j'ai quand même découvert une prairie un peu ombragée avec encore de très belles fleurs, bien ouvertes et... sans les minuscules hôtes de la forêt ! J'en ai cueilli de quoi faire encore quatre pots de cramaillote, car essayer celle-ci, c'est l'adopter, c'est trop bon (recette publiée récemment, cliquer ICI) !
Un peu plus loin, j'ai retrouvé de la renouée du Japon, splendide. Jugez vous-même de la croissance spectaculaire de cette plante, en quinze jours elle peut pousser de plus d'un mètre ! Les photos ci-dessous ont été prises à deux semaines d'intervalle.
 
Ci-dessus à droite, de belles tiges, hautes mais bien charnues sur toute la longueur.
Ci-dessous : un beau massif de renouée, mais les tiges, qui ont poussé dans un endroit assez sec, sont trop grêles pour être récoltées et utilisées en cuisine. 
 
Comme le temps a été assez frais, elle est idéale à cueillir en ce moment. Les pousses sont tendres à souhait. Petit conseil si vous n'êtes pas habitués à la cueillir : ne pas se fier à la hauteur de la plante pour la cueillette, mais plutôt au diamètre et à la couleur de la tige. Certaines tiges très haute peuvent être très jeunes, d'autres plus basses déjà ligneuses. Les choisir d'une belle grosseur et d'une couleur vert intense, car plus la plante vieillit, plus la couleur de la peau devient claire et terne. A la coupe, le couteau doit trancher sans résistance, sinon n'insistez pas, vous ne pourrez rien en faire de satisfaisant. J'en ai récolté qui faisaient presque un mètre, tendre de haut en bas !
J'ai joué avec la lumière de l'appareil photo pour vous montrer comment, dans la nature, distinguer les tiges tendres des tiges plus ligneuses : en haut, à gauche, leur vert devient plus terne avec l'âge, il est inutile de cueillir la plante quand elle a cette couleur, elle sera inutilisable en cuisine ; à droite, la tige doit être d'un bien vert intense pour être tendre, idéale à récolter.
Ci-dessous, on voit bien qu'elle est charnue : une fois épluchée, elle reste épaisse. Ces tiges-là sont idéales à confire ou pour faire de la confiture.
 
 
C'est décidément l'une de mes plantes favorites en cuisine sauvage. La récolte est propre et rapide à nettoyer (il suffit de la rincer à grande eau claire), puis agréable à préparer, une fois pelée, elle se prête aussi bien à la cuisine salée qu'à toute préparation sucrée : tarte, confit, gelée ou confiture... J'ai déjà donné des idées de la cuisine en plat salé (v. dans les libellés). Aujourd'hui, je vous propose 
ma confiture de renouée du japon
étant précisé que, pour toutes les confitures, je m'inspire des principes de base publiés ICI. Je n'utilise jamais le sucre spécial confiture qui donne à celle-ci une texture que je n'aime pas du tout. Je fais un gélifiant naturel à base des chutes de peau blanche et pépins de citron, une fois que j'en ai extrait le jus, à réserver pour la macération)
 
 INGREDIENTS : tiges de renouée, sucre cristallisé, citrons
(pour 1kg de renouée net, 2 citrons) 
  • enlever les feuilles des tiges,
  • couper en tronçons en jetant la partie du nœud qui sépare deux segments (photo en fin de billet)  
  • rincer à l'eau claire, égoutter (ne pas oublier de vider les "tuyaux" dans les deux sens !)
  • peler en veillant à bien enlever tous les fils,
  • couper en petits tronçons de 1 cm,
  • peser, ajouter 800g de sucre pour 1kg de tige,
  • ajouter le jus de citron dans la préparation,
  • bien mélanger et laisser macérer au moins 1/2 journée, en remuant de temps en temps,
  • au bout de ce temps, mixer la préparation,
  • cuire les chutes de citron avec un peu d'eau 10mn à feu doux
  • filtrer et réserver ce jus (gélifiant naturel)
  • verser la macération dans la bassine à confiture
  • porter à ébullition, écumer, cuire environ 30mn à feu vif
  • ajouter le gélifiant que vous avez préparé avec les chutes de citron,
  • poursuivre la cuisson 10mn, vérifier la prise en confiture (selon votre méthode habituelle, la mienne étant que la préparation nappe la louche, elle retombe en larges gouttes épaisses qui se figent au bord de la louche)
  • arrêter le feu et mettre en pots à chaud, retourner les pots jusqu'à complet refroidissement (cela parfait la stérilisation des pots et évite les moisissures).
 
Je trouve cette confiture délicieuse, on reconnaît bien le goût de la renouée, le citron ne nuit pas à ce goût déjà acidulé naturellement. Je ne suis pas étonnée qu'on l'appelle dans une certaine région la "rhubarbe du Rhin" car le goût de cette confiture s'en rapproche un peu, l'odeur étant cependant très différente. On peut mélanger à d'autres fruits, comme la framboise, la fraise (photo ci-contre).
J'avoue que ma préférence va vers les confitures 100% du même fruit, même si certaines associations sont alléchantes, mais je m'en lasse vite.
Si j'ai le temps d'aller cueillir encore de ces tiges idéales, je les confirai, car je trouve la renouée du Japon vraiment intéressante en cuisine sucrée.

 

mardi 7 mai 2013

une belle balade dans un bois luxuriant, quelques photos de perruches à collier, et un bon gâteau improvisé à la tanaisie

Le dimanche dernier était idéal pour faire un tour dans le bois limitrophe de ma maison. Le temps n'était pas encore trop chaud pour moi, je n'aime pas la chaleur, surtout en région parisienne. Partie tôt sans but précis, si ce n'est celui de cueillir un peu de tanaisie repérée la semaine précédente, j'ai été attirée par un "cri" que depuis longtemps déjà j'avais identifié : celui des perruches vertes que j'aperçois parfois dans le bois, en train de voleter par bande au sommet des arbres, mais elles sont vives et disparaissent très vite dans le feuillage, me laissant juste le temps de reconnaître leur plumage vert. Or, hier, grâce à l'hiver encore persistant laissant les arbres en état d'engourdissement prolongé, et après avoir entendu ce cri bien spécifique, peu agréable à l'oreille car assez strident, j'ai levé les yeux vers un grand frêne, à ce qui me semble, de la cime duquel un couple de perruches ne semblait pas pressé de s'éloigner. Elles batifolaient joyeusement sur les hautes branches. Malheureusement, je n'avais pas ce matos-là (photographié sur un promeneur, bien plus tard..., woah, le zoom !).
J'ai quand même réussi, après avoir pesté longtemps de ne même pas réussir à repérer les oiseaux sur mon écran sans viseur (ah, rendez-moi mon OM1 !!!), à capturer quelques images, un peu floues, mille excuses, cela m'a valu une sacrée crampe à la nuque et dans les bras levés dans le vide, vers je ne sais quoi ! Enfin, si, mais je n'espérais rien du résultat que voici. Vous reconnaissez des perruches, hein ?!! Mes recherches sur le net m'ont appris que ce seraient des perruches à collier, sans doute échappées d'un contrôle de douane, lesquelles auraient réussi à s'adapter et seraient même devenues... invasives, bien sûr (bon, sur ce blog, on parle surtout des plantes, mais le phénomène est le même...).

 
 
 
 
 
Le temps n'étant pas des plus cléments, il faut savoir tirer profit de la situation. Pour ma part, je ne m'en plains pas, car c'est la saison où tout cueilleur gourmand devrait avoir dix mains à défaut de bénéficier d'un statut à repose-tête, le printemps étant la meilleure saison pour sortir son panier à sauvages. Tout a poussé à une allure affolante, mais avec le froid qui ne s'éloigne pas trop, la végétation reste intéressante sur plusieurs semaines. La renouée du Japon a pris ses aises en une semaine, elle reste encore idéale à récolter dans mon coin. J'ai essayé la confiture (prochain billet). En attendant, je me suis aussi intéressée de plus près à la tanaisie, que j'avais déjà expérimentée en omelette, sans grande conviction. Aujourd'hui, j'en ai fait un gâteau, deux plutôt (car un "raté", qui s'est avéré très intéressant quand même).
Si on peut confondre la tanaisie vulgaire (Tanacetum vulgare) avec d'autres plantes aux feuilles très découpées, l'odeur qu'elle dégage ne laisse aucun doute sur son identité. Il suffit de frôler ses feuilles pour qu'elle exhale une forte odeur camphrée. Que dire alors quand on les froisse, l'odeur devient si intense que cela peut indisposer. J'aime cette essence, mais en cuisine, sa saveur puissante et son amertume qu'on ne peut occulter n'incite guère à la traiter comme un légume, seulement comme condiment ou pour aromatiser un dessert, ce que je fais le plus couramment, en attendant d'avoir le temps de la transformer en liqueur. Aujourd'hui, je vous propose, en fin de billet, deux gâteaux de ma fabrication sur la même base, à mi-chemin entre le flan et le clafoutis pour l'un, le même en version plus étouffe-chrétien mais qui a l'avantage de se garder plus longtemps et, surtout, de lester l'estomac et, facile en emporter, en randonnée, par exemple, il sera bienvenu lors d'une pause avec plusieurs kilomètres dans les jambons !
Mais d'abord, quelques informations et photos sur la tanaisie.
Ci-dessous jeunes pousses émergeant des souches desséchées de l'année précédente (celle-ci, la tanaisie vulgaire, est une plante vivace) 
Ci-dessous : fleurs de la tanaisie d'un jaune d'or très lumineux  
 
FICHE DESCRIPTIVE : plante vivace presque glabre qui se propagent en surface grâce à ses stolons très vigoureux, d'où une prolifération rapide en colonie dès qu'elle s'installe dans les lieux incultes, de préférence dans les endroits herbeux, les broussailles claires, les talus, les chemins... Ses tiges sont dressées, rameuses vers le haut, elles deviennent vite coriaces. Ses feuilles, en touffe à la base, sont alternes le long de la tige, d'un vert plutôt foncé, assez grandes, divisées en profondeur jusqu'à la nervure, pennées (fortement dentées). Ses fleurs jaunes d'or sont réunies en capitules aplaties, groupées en corymbes denses au sommet des tiges, elles sont très petites. Il paraît qu'elle fait des fruits, mais je ne l'ai jamais vue à ce stade de végétation. Je compléterai ma fiche une autre fois.
 
UTILISATION CULINAIRE : compte tenu de son odeur très pénétrante et de sa saveur amère, il faut, évidemment l'utiliser avec parcimonie, d'autant qu'à forte dose, elle devient dangereuse à ce qu'en disent les éminences grises. On utilise les feuilles et les fleurs, dont on peut parfumer des omelettes, des puddings, qu'on peut faire en infusion (attention, une toute petite quantité de feuilles suffit), transformer en liqueur...
 
Personnellement, j'utilise les feuilles au printemps, quand elles sont tendres et moins amères, comme en ce moment où les pousses démarrent, on peut encore couper les tiges à la base avec les ongles ; les sommités fleuries en cours d'été sont aussi très parfumées. Feuilles ou fleurs, je ne les ai guère jamais essayées qu'en dessert (laisser infuser dans le lait chaud avant de faire une crème anglaise, un flan, une crème pâtissière). Aujourd'hui, j'ai hésité, je voulais faire une crème anglaise, mais comme c'est la saison des asperges (??? qu'est-ce qu'elle raconte ici ?!) et que je n'arrête pas de faire de la mayonnaise, je n'avais pas envie de jeter encore mes blancs d'œufs, car je ne sais jamais à quoi les employer ensuite, n'étant pas très douée pour la meringue ni pour les macarons (je crois, je n'ai jamais essayé à vrai dire !). Bref, j'ai opté pour un gâteau à mi-chemin entre une génoise et un clafoutis, car, comme d'hab., j'improvise, même en cuisine sucrée, ce qui n'est pas toujours une réussite. Le gâteau d'aujourd'hui était magnifique à la sortie du four. Pour le goût, ben, à vous d'essayer. Moi j'aime bien l'odeur de cette plante, et comme j'en ai mis très peu, le goût amer n'est pas ressorti. En revanche la saveur camphrée, si ! 
Gâteau parfumé à la tanaisie
Ce gâteau se rapproche de près, par sa consistance, au flan, en plus léger grâce au blanc d'œuf monté en neige qu'on y ajoute.
On peut bien sûr remplacer la tanaisie par n'importe quelle plante aromatique cultivée à saveur exceptionnelle, c'est l'intérêt (romarin, réglisse, camomille, mélisse, toutes les menthes...)
 
- 10 feuilles de tanaisie prélevées sur de jeunes pousses
- 1/2 litre de lait
- 6 càs soupe de sucre cristallisé
- 2 càs de sucre glace
- 2 càs bombées de farine (*)
- 6 œufs jaunes
- 4 blancs d'oeuf
- un peu de beurre pour le moule
  • préchauffer le four à 180°,
  • faire fondre une noix de beurre dans le moule et l'enduire avec, 
  • chauffer le lait, y jeter les feuilles de tanaisie ciselées, chauffer à feu doux 3mn,
  • arrêter le feu après avoir porté à ébullition,
  • laisser infuser jusqu'à tiédissement puis filtrer,
  • blanchir les jaunes d'œuf avec le sucre en battant vigoureusement les deux ensemble,
  • ajouter la farine, mélanger d'une façon homogène au fouet à main,
  • ajouter un peu de lait, bien battre (le mélange est assez liquide),
  • battre les blancs d'œuf en neige ferme,
  • en ajouter un peu dans le précédent appareil pour le détendre au fouet à main,
  • ajouter le reste de la neige et bien mélanger le tout doucement,
  • verser dans le moule,
  • cuire à 180° pendant 45mn
  • démouler sur une grille à gâteau jusqu'à refroidissement.
  • Ce gâteau-là est délicieux tiède si vous aimez les flans et les clafoutis.
(*) Au premier essai, j'avais mis le triple de farine, ce qui avait donné un gâteau magnifique au démoulage mais très compact, pas très agréable le premier jour car assez bourratif, avec cependant un très bon goût et un parfum incontestable de tanaisie. Une fois bien refroidi, ce gâteau devient intéressant découpées en petites languettes, je le mange alors plutôt comme un biscuit au cours de la journée, et il se garde facilement plusieurs jours. 
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mardi 23 avril 2013

grande consoude façon acra, pour un apéritif sympa ou un plat végétarien, et, en prime, histoire de titilller les fâcheux, une petite suggestion d'utilisation pour la renouée du japon que j'aime bien dans mon assiette

Essayant de jouer à l'Arlésienne depuis un certain temps, il est enfin apparu, mais fait encore des caprices. Devinez de qui je parle ? Du printemps, bien sûr, celui qui se fait bien désirer cette année. Ses sautes d'humeur font basculer la température qui s'amuse à faire le yoyo, elles sont assez déstabilisantes pour nous, mais aussi pour les végétaux. Partie pour cueillir de la renouée du Japon dont ce devrait être la bonne saison, je n'en ai pas trouvé beaucoup en état d'être cueillie. Juste de quoi agrémenter une soupe, un jarret de porc mijoté et un sauté de bœuf, un plat que je fais souvent avec elle, question de lui redonner un peu la mémoire de son origine asiatique. La renouée (pour sa fiche descriptive et la grande discussion à son sujet, cliquer ICI ou LA), ajoutée à un ragoût au dernier moment, donne un goût acidulé à la sauce que j'aime assez. Faire votre plat normalement et, cinq minutes avant la fin de la cuisson, ajouter les tiges de renouée épluchées et coupées en tronçon.
Pour le sauté de bœuf, recette déjà publiée sous ce billet-ci (CLIC).
 
 
  
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En revanche, j'ai trouvé beaucoup de grande consoude au stade idéal pour la cuisine : de jeunes pousses bien saines, non attaquées par les insectes et sentant fortement... le poisson (plus tard dans la végétation, cette odeur s'atténue), d'où l'idée de faire ces acras de morue... sans morue ! Des acras végétariens, quoi ! Le goût y était, c'était vraiment très bon, et, ah quel bonheur, l'odeur de la morue en moins dans la maison !!!
 
ATTENTION : à ce stade de végétation (les deux photos ci-dessus représente la grande consoude), ne pas confondre la grande consoude, comestible, avec la digitale, très toxique.
 
A part l'odeur de poisson de la grande consoude, critère déterminant mais assez subjectif car selon le temps qu'il fait, le degré d'humidité, et le stade de végétation, l'odeur peut ne pas être vraiment perceptible pour un odorat moyen, il reste encore le toucher, mais là aussi, pour les mêmes raisons, tout dépend de votre sensibilité au toucher : la grande consoude, est rugueuse, son contact s'apparente vraiment à celui du velcro, tandis que la digitale est veloutée et douce sous les doigts. A un stade plus avancé de la plante, les fleurs permettent de les distinguer vraiment l'une de l'autre : la digitale fait une grande hampe d'où partent ses fleurs en forme de grosses cloches, tandis que les fleurs de la consoude sont agglomérées, au stade des boutons, en "cymes", petits bouquets de corolles tubulaires se terminant en cloche, deux fois plus longs que le calice.
Je ne saurais cependant vous conseiller d'être très prudents si vous ne connaissez pas la plante.
Pour une description plus complète, c'est spécialement ICI (et en réédition partielle à la fin de ce billet du jour) vous y trouverez beaucoup de photos à presque tous les stades de végétation de la plante, ainsi que d'autres recettes (et également dans les libellés, au mot "consoude").
 

feuilles de grande consoude façon acras
feuilles de consoude
oignons jaunes
ail
pour la pâte à beignets :
farine
œufs entiers, en réservant un blanc pour le monter en neige
sel et poivre
Mélanger ces ingrédients pour obtenir une pâte assez lisse, pas trop liquide.

  1. bien laver les feuilles de consoude (attention, les insectes s'incrustent dans ce "velcro" naturel !) une première fois à l'eau vinaigrée puis à l'eau claire
  2. sécher sur du papier absorbant (j'enroule dans de larges bandes de papier comme pour faire un bouquet et je secoue énergiquement en tenant le tout côté tiges, feuilles en bas)
  3. hacher grossièrement feuilles de consoude et oignons
  4. passer ce gros hachis mélangé au robot pour obtenir un hachis assez fin
  5. ajouter l'ail haché très fin
  6. mélanger à la pâte à beignets pour obtenir une pâte consistante mais pas trop ferme, au besoin ajouter un peu de farine si la pâte est trop liquide
  7. au dernier moment, ajouter un blanc d'œuf battu en neige ferme
  8. frire dans un bain d'huile très chaude en prélevant à la cuillère des portions de pâte qu'on laisse tomber dans la bassine, retourner éventuellement au bout d'une ou deux minutes (quand ça commence à dorer) et poursuivre la cuisson pour dorer l'autre face.
Servir en apéritif, ou comme entrée, ou encore comme plat végétarien avec une sauce aigre-douce qui convient bien aux beignets de... vrai poisson, et donc à ces acras sans poisson !
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REEDITION partielle du billet contenant la fiche descriptive de la consoude

Consoude (fleurs)
Comme tout cueilleur, il y a des périodes où je ne sais plus où donner de la tête ! (...) De la consoude ! Aussi grandes que moi !!! Alors que certains ouvrages la donnent pour une récolte mai-juin, j’ai l’impression que c’est tout au long de l’année que je tombe nez à nez avec elle, elle m’obsède et je me demande si je n’hallucine pas quand elle se pavane avec des feuilles larges et longues jusqu’à faire 60x20 !!! Quant à celles qui me dépassent de quelques centimètres, elles sont tout simplement insolentes, et n’auront pour juste punition que de finir dans mon assiette, na !
Vous n’y croyez pas ? Ben, voici les images, et elles ne sont pas truquées, comme celles du tigre de Chine du sud !!!
Inutile de vous dire que j’aime bien cette plante sauvage (enfin, considérée comme telle puisqu’on commence à la cultiver couramment dans les jardins) qui a un goût de poisson très prononcé, ainsi que l’odeur, d’ailleurs, si bien que je la marie volontiers avec tous les produits de la mer ou des rivières. En fin de billet (...), vous trouverez quelques-unes de mes recettes préférées. De mon origine vietnamienne et de mon attirance pour une partie de la cuisine grecque, j’ai gardé la manie de tout rouler en nem ou en dolmades, donc tout ce qui s’y prête (grandes feuilles faciles à farcir) y passe !
DESCRIPTION : la consoude (Symphytum officinale L.) est une grande plante vivace pouvant atteindre plus d’1,50 m (je l’ai vérifié, elles étaient plus grandes que moi celles rencontrées hier !), plus ou moins velues, certaines ayant des soies assez raides pour pouvoir même « piquer » rudement au toucher. On peut la trouver en isolé ou en colonie, quelquefois impressionnante. Les tiges, en aile, sont dressées, rameuses dès la base. Les feuilles sont alternes, ovales se terminant souvent en pointe très effilée, quelquefois arrondies, légèrement pétiolées à la base puis soudées à la tige. On dit alors qu’elles sont « embrassantes ». Les fleurs, blanchâtres, jaunâtres, rosâtres, bleues ou lilas, sont des corolles tubulaires se terminent en cloche, deux fois plus longs que le calice, leurs boutons sont groupés en cyme scorpoïdes.
ATTENTION, risque de confusion avec la digitale TOXIQUE !
La rosace de la consoude qui apparaît au départ de la végétation peut être confondue avec celle de la digitale ! Mais au toucher, le risque est limité : la consoude est rude à cause de ses soies assez raides, parfois piquantes, son vert est plutôt tendre à foncé, tandis que la digitale est douce, d’un vert plus argentée à cause de son duvet velouté, agréable au contact. En floraison, la digitale présente une longue hampe munie de grandes corolles pourpres. C'est une plante toxique dans toutes ses parties.

Feuilles de consoude farcies au thon
 
UTILISATION CULINAIRE de la consoude : tout est comestible dans cette plante. Les feuilles jeunes peuvent être ajoutées dans les salades. Personnellement, je n’aime pas trop à cause de leur contact un peu rude sur la langue, même hachées, je les utilise surtout cuites : en beignet, bien sûr, mais aussi en farcis, en nem, en dolmades, quand on a la chance de trouver des feuilles de belle taille ; en soupe également, en purée. Les boutons floraux sont délicieux cuisinés à la façon des « brocolis » ou en « asperges ». Le goût très iodé de la plante, à forte odeur de poisson, est très étonnant !
Boulettes de calmar à la consoude

Boulette détail
Pavé de saumon sur lit de purée de consoude
Purée de consoude
Faire revenir, après les avoir haché grossièrement, 1 gros oignon, 2 échalotes, 3 gousses d'ail et 1 petite carotte dans de l'huile d'olive, au bout de 5mn, ajouter les feuilles de consoude hachée gros, cuire 10mn, ajouter un jus de citron jaune, saler et poivrer, mixer grosseur selon votre préférence, et servir avec un poisson (ici, un pavé de saumon).
Feuilles de consoude farcies (oignons, champignons,
porc haché, ail, sel et poivre)
Pour une entrée sympa !
Comme on le voit sur les deux photos ci-dessus, les feuilles de la consoude, surtout à la base, peuvent être très lancéolées ou plutôt rondes...

C'est une plante qui pousse souvent en colonie, mais on la trouve aussi en sujets isolés.

Celle-là, j'ai eu du mal à la photographier, elle était plus grande que moi !

 NB : il y a encore peu, on considérait que la consoude était toxique à cause de la faible dose d’alcaloïde hépatotoxique qu’elle contient. Or les recherches récentes ont prouvé que celle-ci n’avait aucune incidence sur l’organisme humain. Mais on conseille quand même de la consommer avec modération (comme pour tout, d’ailleurs !).
Encore quelques photos, pour une reconnaissance facile de la plante ?
A gauche : une belle colonie, avec comme bannière une fleur en bouton !
A droite : détail de la fleur épanouie.
Attention : c'est à ce stade de végétation qu'on peut confondre la consoude avec la digitale. Mais il suffit de toucher les feuilles de la consoude pour s'apercevoir qu'elle est très rude ! En agrandissant la photo, on voit bien qu'elle est poilue !
 
A gauche : belle feuille à farcir !
A droite : feuilles de berce spondyle et de consoude (à droite) en beignets. La recette a déjà été publiée dans ce blog.
Un détail du "roulage" des nems ou dolmades de consoude ! Il faut blanchir les feuilles quelques secondes à l'eau très chaude pour les ramollir, et, surtout, enlever la grosse nervure centrale au dos de la feuille, sans déchirer celle-ci !
ADDENDUM
J'ai souvent tendance à omettre (!) d'écrire les recettes, tant tout me semble aller de soi en cuisine !!! Je publie donc ici la recette des boulettes de calmar ainsi que celle de mes feuilles de consoude farcis façon nem ou dolmades, je les dédicace à Mado (qui a raison de me secouer, je suis très paresseuse pour écrire les recettes !) avec quelques photos en prime pour me faire pardonner.
Boulettes de calmar à la consoude :
Pour une 50aine de boulettes :
- 20 grandes feuilles de consoude débarrassées complètement de la nervure centrale et hachées gros
- 2 gros calmars à détailler en petits cubes 1x1cm
- 2 gros oignons jaunes et 1 rouge bien fermes, coupés en gros dès
- 3 échalotes hachés gros
- 3 gousses d’ail hachées gros
. Mélanger tous ces ingrédients, saler et poivrer selon goût
. Passez le tout à la moulinette, hachis assez fin
. Façonner les boulettes à l’aide de deux cuillères à soupe
. Les déposer au fur et à mesure dans l’huile brûlante
. Les frire d’un côté 3mn, puis les retourner pour dorer l’autre face
. Egoutter sur du papier absorbant.
Le meilleur accompagnent est du riz blanc et une sauce tomate maison (je publierai ma recette sur l'autre blog la semaine prochaine).


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Nems (ou dolmades) de consoude aux champignons
- 12 grandes feuilles de consoude pour servir d'enveloppe, dont on aura enlever araser la nervure centrale au dos de la feuille (attention de ne pas la déchirer ni la séparer en deux, il faut qu’elle reste entière) ; les blanchir 2 ou trois secondes dans de l’eau frémissante pour les ramollir,
- quelques feuilles de consoude hachées supplémentaires pour mélanger à la farce,
- pour la farce : 12 champignons de Paris, 1 gros oignon, 1 gousse d’ail, le tout haché assez fin,
- 1 œuf pour lier le hachis,
. Bien mélanger tous les ingrédients du hachis, faire revenir rapidement à la poêle, saler et poivrer, laisser tiédir ou mieux refroidir,
. Rouler les nems : étaler une feuille de consoude à plat, mettre la farce au milieu à 2cm du bas,
replier les côtés puis le bas et rouler le nem jusqu’au bout de la feuille (voir sur la dernière photo avant l'addendum),
. Placer les nems dans une poêle en les serrant bien ; arroser d’un peu d’huile d’olive et de bouillon de légumes, cuire doucement 10 mn.
Servir comme entrée ou en accompagnement d’un poisson ou d’une viande.
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